Après des mois et des mois d'absence pour cause de vacances et de suractivité professionnelle, je me remets à écrire un peu.
J'en ai tout de même profité pour réfléchir sur ce qui se passe actuellement. Il faut dire qu'il y a matière. Que les psychodrames actuels sont impressionnants.
J'écris donc ce lundi 24 novembre, alors que les commissions diverses du PS tentent de recoller les morceaux entre Ségolène Royal et Martine Aubry. Ou alors tentent de trouver un moyen pas trop énorme pour écarter Ségolène. Je ne suis pas royaliste, mais c'est un peu ce dont j'ai l'impression.
Alors, que faire ?
Reprenons:
- Aujourd'hui, pas de différence idéologique majeure entre les deux camps
- Des différences de comportements importants ; d'un côté on prône le changement et la fin des caciques du parti, de l'autre on prône un soi-disant parti de militant centré sur les militants
Tout cela n'est bien sûr que foutaises et billevesées. Il ne s'agit exclusivement bien sûr que d'ambitions personnelles et de guerres intestines. La médiocrité des dirigeants est devenue tellement criante et fondée sur des considérations si peu sur le fond... Et pourtant, je ne crois pas à l'implosion du parti. C'est un parti d'élus qui ont des intérêts importants. Il veulent garder leur place et se faire réélire. Ils ont parié sur un camp, mais pourraient tout à fait en changer si nécessaire. Tout le monde restera au parti socialiste et on attendra qu'un vrai chef ne se dégage. Ca peut prendre de longues années, et pendant ces années les élections nationales seront toujours gagnées par la droite, les élections locales plus ou moins par la gauche...
Je rappelle ici avec prétention ce qu'il faudrait faire pour gagner les élections :
- La gauche doit gagner en crédibilité: se réconcilier avec les entreprises, montrer qu'elle peut être crédible sur le plan économique sans délaisser ses idéaux
- rassembler les idées de la gauche du parti et de la droite du parti : un vivier d'idées de gauche et un vivier d'idées du centre doivent être utilisés dans la clarté en réaffirmant quelques idées importantes:
- le PS est contre l'ultra libéralisme et contre le capitalisme financier mais doit l'embrasser sur le court et moyen terme pour mieux le dépasser
- le PS n'est pas du tout contre les entreprises mais veut leur faire comprendre qu'elles doivent être vertueuses
- le PS doit être à la pointe des avancées sociétales non liées à l'économie
lundi 24 novembre 2008
jeudi 17 avril 2008
Q1. Réconcilier Gauche et entreprise
Les élections nationales sont perdues par la gauche car elles portent principalement sur des considérations économiques. Les Français s'attendent avant tout à ce qu'on leur apporte des réponses sur comment on va améliorer leur situation d'emploi et leur situation financière alors que les élections locales portent plutôt sur des questions de proximité, de bien-être, voire parfois
C'est donc sur ces points-là que la gauche pêché considérablement.
Le programme du PS de la présidentielle était frappant sur ce point : quasiment toutes les mesures étaient des mesures de redistribution, pas une seule mesure ne proposait des pistes de création de richesses, d'aide aux entreprises ; probablement par crainte de soutenir les patrons. Cette posture électoraliste ne tient pas et a permis à Sarkozy d'être élu.
Certes on peut mettre l'accent sur l'éducation, insister sur la recherche, mais in fine, tout ceci ne sert qu'à une seule chose : la création d'emplois dans les entreprises. L'éducation, si elle ouvre les esprits, forme au travail ; la recherche, appliquée ou non sera un jour appliquée dans les entreprises.
Il faut donc réconcilier la gauche avec les entreprises, montrer aux français que l'entreprise n'est pas l'adversaire a priori, mais l'allié a priori.
Ceci n'empêche par bien sûr d'avoir une politique de gauche, de montrer que le modèle économique ultra libéral, fondé sur un retour immédiat sur les fonds investis, qui ne prend pas en compte les employés comme une ressource primordiale ne doit pas être combattu. Mais la gauche doit se réconcilier avec les entreprises, avec leurs dirigeants en brisant certains tabous.
Par exemple, baisser les charges et les impôts des entreprises, n'est pas un mal en soi, dans la mesure où les employés en bénéficient.
Il faut continuer d'affirmer que la théorie du ruissellement (qui dit que si globalement une toute petite partie des dirigeants d'entreprise et des grands argentiers s'enrichit considérablement, il en résulte toujours un amélioration de la condition des employés, ouvriers et de la société en général) n'est pas juste et fondée sur des contre vérités. Les inégalités aux USA continuent de croître et le niveau de vie moyen ne s'améliore pas. L'ultra financiarisation des marchés a d'abord permis l'enrichissement des traders avant de permettre le développement des entreprises, que la recherche du profit financier à tout prix apporte des dérives épouvantables (subprimes, etc..) et que donc le marché doit être rationnalisé.
Mais lorsque l'on dit cela, l'amalgame est souvent trop vite fait entre une gauche qui stygmatise les dérives du capitalisme et une gauche qui n'aime pas le monde de l'entreprise. Ce n'est pas le cas, il faut le dire, le redire, encore et encore.
Un nouveau modèle économique dans lequel l'entreprise est au centre et non reléguée à la périphérie peut être trouvé.
Pour ce faire, le gouvernement doit s'impliquer beaucoup plus fortement dans la politique économique en donnant les grandes orientations, on ayant une réelle politique indistrielle et de services.
Les grandes entreprises d'aujourd'hui qui sont les plus compétitives dans le monde sont issues de la politique industrielle volontaire du général de Gaulle : le nucléaire avec Areva, la SNCF et les TGV, Airbus.
Depuis, quelles ont été les grandes initiatives ? Est-il encore possible d'en avoir ? Est-ce que le non-interventionnisme prôné par l'Europe doit-il être combattu ?
Il faut en effet combattre le fait que l'Etat ne puisse pas soutenir et aider les initiatives volontaires de création de nouveaux domaines de l'économie. Comment se fait-il que la France soit par exemple partiellement absente du marché du logiciel ?
Comment se fait-il que la France soit si absente dans les nouvelles énergies ? Ce point avait été soulevé par Ségolène Royal. Il convient de le généraliser à d'autres pans de la vie économique. Avec par exemple la création d'un CER (Commissariat aux énergies Renouvelables).
Si l'on renforce le volontarisme économique en insistant également sur l'importance des entreprises dans le bien-être des français, les élections nationales peuvent être gagnées plus facilement. Et tout ceci n'est pas idéologique, n'est pas politisé, n'a rien à voir avec une conception de gauche ou de droite de la société.
C'est donc sur ces points-là que la gauche pêché considérablement.
Le programme du PS de la présidentielle était frappant sur ce point : quasiment toutes les mesures étaient des mesures de redistribution, pas une seule mesure ne proposait des pistes de création de richesses, d'aide aux entreprises ; probablement par crainte de soutenir les patrons. Cette posture électoraliste ne tient pas et a permis à Sarkozy d'être élu.
Certes on peut mettre l'accent sur l'éducation, insister sur la recherche, mais in fine, tout ceci ne sert qu'à une seule chose : la création d'emplois dans les entreprises. L'éducation, si elle ouvre les esprits, forme au travail ; la recherche, appliquée ou non sera un jour appliquée dans les entreprises.
Il faut donc réconcilier la gauche avec les entreprises, montrer aux français que l'entreprise n'est pas l'adversaire a priori, mais l'allié a priori.
Ceci n'empêche par bien sûr d'avoir une politique de gauche, de montrer que le modèle économique ultra libéral, fondé sur un retour immédiat sur les fonds investis, qui ne prend pas en compte les employés comme une ressource primordiale ne doit pas être combattu. Mais la gauche doit se réconcilier avec les entreprises, avec leurs dirigeants en brisant certains tabous.
Par exemple, baisser les charges et les impôts des entreprises, n'est pas un mal en soi, dans la mesure où les employés en bénéficient.
Il faut continuer d'affirmer que la théorie du ruissellement (qui dit que si globalement une toute petite partie des dirigeants d'entreprise et des grands argentiers s'enrichit considérablement, il en résulte toujours un amélioration de la condition des employés, ouvriers et de la société en général) n'est pas juste et fondée sur des contre vérités. Les inégalités aux USA continuent de croître et le niveau de vie moyen ne s'améliore pas. L'ultra financiarisation des marchés a d'abord permis l'enrichissement des traders avant de permettre le développement des entreprises, que la recherche du profit financier à tout prix apporte des dérives épouvantables (subprimes, etc..) et que donc le marché doit être rationnalisé.
Mais lorsque l'on dit cela, l'amalgame est souvent trop vite fait entre une gauche qui stygmatise les dérives du capitalisme et une gauche qui n'aime pas le monde de l'entreprise. Ce n'est pas le cas, il faut le dire, le redire, encore et encore.
Un nouveau modèle économique dans lequel l'entreprise est au centre et non reléguée à la périphérie peut être trouvé.
Pour ce faire, le gouvernement doit s'impliquer beaucoup plus fortement dans la politique économique en donnant les grandes orientations, on ayant une réelle politique indistrielle et de services.
Les grandes entreprises d'aujourd'hui qui sont les plus compétitives dans le monde sont issues de la politique industrielle volontaire du général de Gaulle : le nucléaire avec Areva, la SNCF et les TGV, Airbus.
Depuis, quelles ont été les grandes initiatives ? Est-il encore possible d'en avoir ? Est-ce que le non-interventionnisme prôné par l'Europe doit-il être combattu ?
Il faut en effet combattre le fait que l'Etat ne puisse pas soutenir et aider les initiatives volontaires de création de nouveaux domaines de l'économie. Comment se fait-il que la France soit par exemple partiellement absente du marché du logiciel ?
Comment se fait-il que la France soit si absente dans les nouvelles énergies ? Ce point avait été soulevé par Ségolène Royal. Il convient de le généraliser à d'autres pans de la vie économique. Avec par exemple la création d'un CER (Commissariat aux énergies Renouvelables).
Si l'on renforce le volontarisme économique en insistant également sur l'importance des entreprises dans le bien-être des français, les élections nationales peuvent être gagnées plus facilement. Et tout ceci n'est pas idéologique, n'est pas politisé, n'a rien à voir avec une conception de gauche ou de droite de la société.
mardi 8 avril 2008
Q1 Comment concilier discours et actes
Nous avons expliqué comment et pourquoi nous sommes arrivés à un discours pseudo-révolutionnaire et un conformisme économique au pouvoir.
Nous avons décrit le fait que face aux réalités économiques, à l'ultra libéralisme triomphant, le discours de la gauche s'est affadi en voulant trop synthétiser la synthèse.
La gauche n'affirme plus désormais ses idéaux de gauche et ne peut plus non plus affirmer un tournant social démocrate. La gauche apparaît alors coincée dans un choix cornélien duquel elle ne peut se défaire.
Faut-il faire réellement le choix ? Peut-on concilier les deux ? Si oui, comment ? Quelles conséquences pour l'organisation de la gauche et son rassemblement ?
Quelques mots clés à développer : temps, progressivité, auto-contrôle.
La gauche aujourd'hui n'a ni curseur ni direction. Il faut remettre une direction simple et claire qui soit de gauche, idéale et dissociée des réalités immédiates.
Il convient ensuite d'ajouter la notion de temps et de progressivité qui permet de lier la direction et les réalités. Enfin, il faut également proposer une méthode en liaison avec les objectifs.
Il faut construire et préciser ce à quoi l'idéal socialiste correspond : une société solidaire, des services publics forts, un soutien aux plus faibles importants, un encouragement de l'initiative publique, individuelle, de la culture, de l'épanouissement personnel et collectif...
Cet idéal socialiste doit être une vision long terme qui doit pouvoir embrasser les aspirations de toutes les sensibilités de gauche : de la gauche de la gauche jusqu'à centre.
C'est sur cette base que le rassemblement des force de gauche peut se faire.
L'affaiblissement du socialisme de ces dernières années vient du fait que sous prétexte de réalisme économique et pour sembler coller aux réalités, on en a oublié les idéaux, se coupant ainsi d'une partie de l'électorat qui ne se retrouvait plus dans une logique strictement "efficace" de l'action politique.
Réaffirmer cet idéal ne peut qu'aider au rassemblement en précisant quelques règles de base qui doivent devenir les règles du jeu de la gauche élargie :
- cet idéal ne peut être atteint immédiatement mais ne peut l'être que par étapes
- les réalités économiques, ce que les consciences collectives sont prêtes à accepter doivent être prises en compte (en particulier le fait que le modèle économique actuel accepté dans le monde est principalement néo-libéral)
- la France ne peut agir seule et engager une politique de gauche sans convaincre ses partenaires principaux du bien-fondé de sa politique. L'action de la France doit être internationale sur le bien-fondé d'une voie non ultra-libérale, voire non capitaliste. Conviction, dialogue et persévérance doivent être les mots d'ordre.
L'idéal étant posé, il pourrait facilement devenir un prétexte pour ne pas l'atteindre, une façon de dire : on voudrait bien y aller, mais on est tellement conscient des réalités économiques et des contraintes du monde globalisé que nous ne ferons rien pour l'atteindre, qu'il est inutile de faire une politique différente de celle du monde entier, que la politique d'un seul pays ne peut être différente de celle de la grande majorité des autres pays.
Il convient donc de préciser les étapes pour l'atteindre, de préciser que c'est un cap, que la conduite du bateau sera longue et difficile et qu'il faudra aller un peu à droite, un peu à gauche pour pouvoir maintenir le cap sereinement.
Pour cela, les étapes vers cet idéal peuvent être vues un peu comme un escalier avec des marches à gravir réalistes, ni trop hautes ni trop petites. C'est la méthode. L'originalité du programme doit être de proposer les différentes marches à atteindre, comment les atteindre, en tenant compte des embûches.
Gravir ces marches, c'est atteindre certains des idéaux de gauche, que ce soit sur la plan social, économique. Le gouvernement doit alors se donner les moyens de gravir les marches dans le temps et mesurer, de manière indépendante, si on atteint les objectifs ou non.
Ceci permet de concilier les idéaux de gauche utopiques et les tentations de droite de certains membres du PS au nom du réalisme économique. En ajoutant la notion d'escalier et de temps tout en contrôlant les avancées, en mesurant précisément les avancées produites par les décisions gouvernementales, en introduisant des observatoires du bien-être des français (inégalités, pouvoir d'achat, sécurité, etc..), cela permettra de réconcilier l'aile gauche de la gauche avec son aile droite.
Nous avons le même idéal, nous nous reconnaissons sur ce point. Certains veulent y aller tout de suite, d'autres sont plus pragmatiques, mais oublient parfois même l'déal.
L'ajout de la dimension 'temps' permettra le rassemblement de Besancenot à DSK en précisant donc le but à atteindre, en admettant d'où on part et en précisant le chemin, la voiture et sa vitesse.
Ceci est une condition à mon avis sine qua non du rassemblement de la gauche.
Nous avons décrit le fait que face aux réalités économiques, à l'ultra libéralisme triomphant, le discours de la gauche s'est affadi en voulant trop synthétiser la synthèse.
La gauche n'affirme plus désormais ses idéaux de gauche et ne peut plus non plus affirmer un tournant social démocrate. La gauche apparaît alors coincée dans un choix cornélien duquel elle ne peut se défaire.
Faut-il faire réellement le choix ? Peut-on concilier les deux ? Si oui, comment ? Quelles conséquences pour l'organisation de la gauche et son rassemblement ?
Quelques mots clés à développer : temps, progressivité, auto-contrôle.
La gauche aujourd'hui n'a ni curseur ni direction. Il faut remettre une direction simple et claire qui soit de gauche, idéale et dissociée des réalités immédiates.
Il convient ensuite d'ajouter la notion de temps et de progressivité qui permet de lier la direction et les réalités. Enfin, il faut également proposer une méthode en liaison avec les objectifs.
Il faut construire et préciser ce à quoi l'idéal socialiste correspond : une société solidaire, des services publics forts, un soutien aux plus faibles importants, un encouragement de l'initiative publique, individuelle, de la culture, de l'épanouissement personnel et collectif...
Cet idéal socialiste doit être une vision long terme qui doit pouvoir embrasser les aspirations de toutes les sensibilités de gauche : de la gauche de la gauche jusqu'à centre.
C'est sur cette base que le rassemblement des force de gauche peut se faire.
L'affaiblissement du socialisme de ces dernières années vient du fait que sous prétexte de réalisme économique et pour sembler coller aux réalités, on en a oublié les idéaux, se coupant ainsi d'une partie de l'électorat qui ne se retrouvait plus dans une logique strictement "efficace" de l'action politique.
Réaffirmer cet idéal ne peut qu'aider au rassemblement en précisant quelques règles de base qui doivent devenir les règles du jeu de la gauche élargie :
- cet idéal ne peut être atteint immédiatement mais ne peut l'être que par étapes
- les réalités économiques, ce que les consciences collectives sont prêtes à accepter doivent être prises en compte (en particulier le fait que le modèle économique actuel accepté dans le monde est principalement néo-libéral)
- la France ne peut agir seule et engager une politique de gauche sans convaincre ses partenaires principaux du bien-fondé de sa politique. L'action de la France doit être internationale sur le bien-fondé d'une voie non ultra-libérale, voire non capitaliste. Conviction, dialogue et persévérance doivent être les mots d'ordre.
L'idéal étant posé, il pourrait facilement devenir un prétexte pour ne pas l'atteindre, une façon de dire : on voudrait bien y aller, mais on est tellement conscient des réalités économiques et des contraintes du monde globalisé que nous ne ferons rien pour l'atteindre, qu'il est inutile de faire une politique différente de celle du monde entier, que la politique d'un seul pays ne peut être différente de celle de la grande majorité des autres pays.
Il convient donc de préciser les étapes pour l'atteindre, de préciser que c'est un cap, que la conduite du bateau sera longue et difficile et qu'il faudra aller un peu à droite, un peu à gauche pour pouvoir maintenir le cap sereinement.
Pour cela, les étapes vers cet idéal peuvent être vues un peu comme un escalier avec des marches à gravir réalistes, ni trop hautes ni trop petites. C'est la méthode. L'originalité du programme doit être de proposer les différentes marches à atteindre, comment les atteindre, en tenant compte des embûches.
Gravir ces marches, c'est atteindre certains des idéaux de gauche, que ce soit sur la plan social, économique. Le gouvernement doit alors se donner les moyens de gravir les marches dans le temps et mesurer, de manière indépendante, si on atteint les objectifs ou non.
Ceci permet de concilier les idéaux de gauche utopiques et les tentations de droite de certains membres du PS au nom du réalisme économique. En ajoutant la notion d'escalier et de temps tout en contrôlant les avancées, en mesurant précisément les avancées produites par les décisions gouvernementales, en introduisant des observatoires du bien-être des français (inégalités, pouvoir d'achat, sécurité, etc..), cela permettra de réconcilier l'aile gauche de la gauche avec son aile droite.
Nous avons le même idéal, nous nous reconnaissons sur ce point. Certains veulent y aller tout de suite, d'autres sont plus pragmatiques, mais oublient parfois même l'déal.
L'ajout de la dimension 'temps' permettra le rassemblement de Besancenot à DSK en précisant donc le but à atteindre, en admettant d'où on part et en précisant le chemin, la voiture et sa vitesse.
Ceci est une condition à mon avis sine qua non du rassemblement de la gauche.
Q1. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Les discours idéalistes et romantiques des français par rapport à des pratiques efficaces et "pragmatiques" des anglais ont commencé très tôt.
Dès la guerre de cent ans, les modes de combat préfigurent déjà la différence d'approche entre la France et l'Angleterre, entre une recherche avant tout de l'efficacité destructrice et une approche romantique où le style est plus important que le résultat.
Ensuite, c'est la notion d'égalité qui est mise en avant avec Roussseau (discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes) et le siècle des Lumières qui, entre autres avancées, permet d'établir que l'égalité est assez incompatible avec la propriété, que la recherche de la propriété est souvent synonyme d'inégalité. Le siècle des Lumières marque le début de la gauche moderne, avec un refus de l'aliénation (religion, propriété, dépendance vis à vis du maître). Si la liberté est également mise en avant, elle est plus considérée comme la possibilité de bénéficier de droits fondamentaux (logement, etc..) qu'en tant que liberté d'entreprendre et donc comme ferment du libéralisme.
Cette spécificité française se perpétue bien sûr avec la révolution française qui est l'application des principes des Lumières, avec l'abolition des privilèges, le suffrage universel. Même si la révolution française est avant tout bourgeoise, elle puise ses idéaux dans les idées du siècle des Lumières.
Alors que la France passera plus ou moins à côté de la Révolution industrielle anglaise et restera jusqu'au 20ème siècle très rurale, la progression des idées de gauche continuera pour culminer avec le front populaire, puis avec l'arrivée au pouvoir de François Mitterrant en 1981.
Le programme de François Mitterrand était clairement anti-capitaliste. Son discours était alors en phase avec la réalité du programme : relance par la consommation, nationalisations.
Parallèlement, exactement l'inverse se produisait dans la monde anglo-saxon avec l'apparition de la révolution ultra-libérale et l'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan aux Etats-Unis et de Margaret Thatcher au Royaume Uni. L'idée était bien sûr de limiter le rôle de l'état pour favoriser la libre entreprise, d'accélérer la financiarisation de l'économie pour favoriser les entreprises quitte à limiter les services publics jugés gourmands et peu efficaces. Le marché pourrait rétablir la situation des marchés publics déficients grâce à une économie florissante. La précarisation de la société est passée sous silence car elle menace la flexibilité du travail, condition indispensable de l'agilité et de la bonne tenue des entreprises confrontées à la concurrence international.
On connait la suite : un certain succès apparent du modèle libéral et un revirement nécessaire de la politique de gauche en France vers la rigueur avec Delors à partir de 83.
C'est à partir de ce moment-là que le discours de la gauche a été de plus en plus difficile à exprimer : alors que les idéaux de 81 étaient encore très présents, il fallait entamer un virage à droite dans la politique économique. Ce virage, s'il était réel dans les actes, ne pouvait être présenté comme un tournant vers la sociale démocratie.
Ce grand écart a donc prévalu pendant les années 80 (les années fric) où le libéralisme a montré son efficacité et le discours de la gauche est devenu de plus en plus difficile à tenir. C'est l'époque des déçus du socialisme, de la gauche caviar.
Cette époque a culminé au début des années 90 avec la domination absolue des Etats Unis et du modèle libérale anglo-saxon. On a même parlé de la fin de l'histoire : modèle de société, de culture, d'économie, tout allait se conformer au modèle américain, rien ne pouvait y résister. La chute du communisme en était la preuve patente : le bonheur universel, tiré par le libéralisme économique et la culture hamburger allait triompher des vieilles lunes de la gauche.
Sous ses mauvais auspices, la gauche a perdu très lourdement les élections de 93, la récession post guerre du golfe ayant fait grimper le chômage en France à des niveaux historiques. Dès lors, la gauche a eu du mal à retrouver un discours cohérent avec ses actes : pour ne pas se couper de la gauche de la gauche, qui a compté un électorat de plus en plus important face aux premiers déboires de l'ultra-libéralisme a poussé certains à reprendre un discours très à gauche tandis que ceux qui avait du exercer le pouvoir étaient tentés par la sociale démocratie.
Afin de sauvegarder un électorat massif, le parti socialiste, avec François Hollande en tête n'a cessé de faire des synthèses molles : on a taillé l'arbre socialiste à gauche et à droite, on est devenus inaudibles, ne portant plus ni le réalisme économique ni l'utopie des premiers temps. On a sauvegardé un électorat tout en refusant de trancher ou de clarifier certains questions essentielles sur le socialisme ou sur le marché.
Le problème de cette attitude est qu'elle représente 30 à 45% de l'électorat et si elle n'est pas augmentée d'un peu d'affectif lors d'élections locales, elle ne permet pas de gagner les élections nationales lorsqu'il faut faire un choix de société, lorsqu'il faut décider de qui est le plus crédible sur le plan économique.
La gauche n'a pas su réinventer un idéal collectif, n'a pas su faire rêver les masses qui ont cherché le bonheur individuel en croyant faussement réaliser leur American Dream. Et faute d'American Dream, on est passé à la Star Academy où le succès passager d'une poignée fait oublier la pauvreté et la précarité d'un plus grand nombre. Donnez-leur des jeux.
Afin de s'assurer cet électorat, le discours s'est même affermi à gauche lors de la consultation sur la constitution européenne qui y inscrivait le capitalisme et la libre concurrence. Alors que la politique économique de Lionel Jospin était plutôt libérale (à part les 35h), les succès de la gauche de la gauche (présidentielles de 2002) ont fait perdre le premier tour à Jospin en 2002. Depuis on oscille entre une tentative de droitisation partielle sur certains sujets qui ont fait le succès initial de Ségolène Royal lors de la campagne de 2007 et un positionnement assez étrange à gauche d'éléphants comme Laurent Fabius.
Comment reconstruire un projet collectif ? Comment concilier réalisme économique et utopie socialiste ? Est-il encore possible de s'opposer au règne absolu de la propriété individuelle, de s'opposer aux inégalités en France et dans le monde ? Avec quelle progressivité sachant que l'on parle de très loin ? Est-ce que les déboires récents de l'ultra financiarisation de l'économie (subprimes) permettra d'ouvrir une petite porte à la remise en question de l'ultra libéralisme ? Est-ce que la montée de la précarité, l'augmentation de la précarité sont en mesure de remettre en cause un système si solidement implanté dans le monde ? Est-ce que la puissance financière des multinationales est désormais si importante que le retour en arrière sera extrêmement difficile, voire impossible ?
Dès la guerre de cent ans, les modes de combat préfigurent déjà la différence d'approche entre la France et l'Angleterre, entre une recherche avant tout de l'efficacité destructrice et une approche romantique où le style est plus important que le résultat.
Ensuite, c'est la notion d'égalité qui est mise en avant avec Roussseau (discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes) et le siècle des Lumières qui, entre autres avancées, permet d'établir que l'égalité est assez incompatible avec la propriété, que la recherche de la propriété est souvent synonyme d'inégalité. Le siècle des Lumières marque le début de la gauche moderne, avec un refus de l'aliénation (religion, propriété, dépendance vis à vis du maître). Si la liberté est également mise en avant, elle est plus considérée comme la possibilité de bénéficier de droits fondamentaux (logement, etc..) qu'en tant que liberté d'entreprendre et donc comme ferment du libéralisme.
Cette spécificité française se perpétue bien sûr avec la révolution française qui est l'application des principes des Lumières, avec l'abolition des privilèges, le suffrage universel. Même si la révolution française est avant tout bourgeoise, elle puise ses idéaux dans les idées du siècle des Lumières.
Alors que la France passera plus ou moins à côté de la Révolution industrielle anglaise et restera jusqu'au 20ème siècle très rurale, la progression des idées de gauche continuera pour culminer avec le front populaire, puis avec l'arrivée au pouvoir de François Mitterrant en 1981.
Le programme de François Mitterrand était clairement anti-capitaliste. Son discours était alors en phase avec la réalité du programme : relance par la consommation, nationalisations.
Parallèlement, exactement l'inverse se produisait dans la monde anglo-saxon avec l'apparition de la révolution ultra-libérale et l'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan aux Etats-Unis et de Margaret Thatcher au Royaume Uni. L'idée était bien sûr de limiter le rôle de l'état pour favoriser la libre entreprise, d'accélérer la financiarisation de l'économie pour favoriser les entreprises quitte à limiter les services publics jugés gourmands et peu efficaces. Le marché pourrait rétablir la situation des marchés publics déficients grâce à une économie florissante. La précarisation de la société est passée sous silence car elle menace la flexibilité du travail, condition indispensable de l'agilité et de la bonne tenue des entreprises confrontées à la concurrence international.
On connait la suite : un certain succès apparent du modèle libéral et un revirement nécessaire de la politique de gauche en France vers la rigueur avec Delors à partir de 83.
C'est à partir de ce moment-là que le discours de la gauche a été de plus en plus difficile à exprimer : alors que les idéaux de 81 étaient encore très présents, il fallait entamer un virage à droite dans la politique économique. Ce virage, s'il était réel dans les actes, ne pouvait être présenté comme un tournant vers la sociale démocratie.
Ce grand écart a donc prévalu pendant les années 80 (les années fric) où le libéralisme a montré son efficacité et le discours de la gauche est devenu de plus en plus difficile à tenir. C'est l'époque des déçus du socialisme, de la gauche caviar.
Cette époque a culminé au début des années 90 avec la domination absolue des Etats Unis et du modèle libérale anglo-saxon. On a même parlé de la fin de l'histoire : modèle de société, de culture, d'économie, tout allait se conformer au modèle américain, rien ne pouvait y résister. La chute du communisme en était la preuve patente : le bonheur universel, tiré par le libéralisme économique et la culture hamburger allait triompher des vieilles lunes de la gauche.
Sous ses mauvais auspices, la gauche a perdu très lourdement les élections de 93, la récession post guerre du golfe ayant fait grimper le chômage en France à des niveaux historiques. Dès lors, la gauche a eu du mal à retrouver un discours cohérent avec ses actes : pour ne pas se couper de la gauche de la gauche, qui a compté un électorat de plus en plus important face aux premiers déboires de l'ultra-libéralisme a poussé certains à reprendre un discours très à gauche tandis que ceux qui avait du exercer le pouvoir étaient tentés par la sociale démocratie.
Afin de sauvegarder un électorat massif, le parti socialiste, avec François Hollande en tête n'a cessé de faire des synthèses molles : on a taillé l'arbre socialiste à gauche et à droite, on est devenus inaudibles, ne portant plus ni le réalisme économique ni l'utopie des premiers temps. On a sauvegardé un électorat tout en refusant de trancher ou de clarifier certains questions essentielles sur le socialisme ou sur le marché.
Le problème de cette attitude est qu'elle représente 30 à 45% de l'électorat et si elle n'est pas augmentée d'un peu d'affectif lors d'élections locales, elle ne permet pas de gagner les élections nationales lorsqu'il faut faire un choix de société, lorsqu'il faut décider de qui est le plus crédible sur le plan économique.
La gauche n'a pas su réinventer un idéal collectif, n'a pas su faire rêver les masses qui ont cherché le bonheur individuel en croyant faussement réaliser leur American Dream. Et faute d'American Dream, on est passé à la Star Academy où le succès passager d'une poignée fait oublier la pauvreté et la précarité d'un plus grand nombre. Donnez-leur des jeux.
Afin de s'assurer cet électorat, le discours s'est même affermi à gauche lors de la consultation sur la constitution européenne qui y inscrivait le capitalisme et la libre concurrence. Alors que la politique économique de Lionel Jospin était plutôt libérale (à part les 35h), les succès de la gauche de la gauche (présidentielles de 2002) ont fait perdre le premier tour à Jospin en 2002. Depuis on oscille entre une tentative de droitisation partielle sur certains sujets qui ont fait le succès initial de Ségolène Royal lors de la campagne de 2007 et un positionnement assez étrange à gauche d'éléphants comme Laurent Fabius.
Comment reconstruire un projet collectif ? Comment concilier réalisme économique et utopie socialiste ? Est-il encore possible de s'opposer au règne absolu de la propriété individuelle, de s'opposer aux inégalités en France et dans le monde ? Avec quelle progressivité sachant que l'on parle de très loin ? Est-ce que les déboires récents de l'ultra financiarisation de l'économie (subprimes) permettra d'ouvrir une petite porte à la remise en question de l'ultra libéralisme ? Est-ce que la montée de la précarité, l'augmentation de la précarité sont en mesure de remettre en cause un système si solidement implanté dans le monde ? Est-ce que la puissance financière des multinationales est désormais si importante que le retour en arrière sera extrêmement difficile, voire impossible ?
lundi 7 avril 2008
Question numéro 1. Plan de travail.
1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
J'ai déjà abordé ce point lors de posts précédents.
Tout d'abord, prenons la question du discours pseudo-révolutionnaire. On dit aussi que la gauche est dans l'universel et la droite est dans l'instant. On dit que la droite est dans la réalité et la gauche dans l'utopie. Et face à la réalité (quand elle est au pouvoir), la gauche perd son âme et adopte un certain conformisme économique.
Les valeurs de la gauche la positionnent toujours par rapport à des valeurs universelles : égalité, fraternité, etc... ce qui exclut nécessairement certaines qualités de gestionnaire. La gauche n'est pas gestionnaire, n'est pas dans la réalité immédiate. C'est partiellement pour cela qu'elle est souvent considérée comme moins apte à gérer un pays. Trop gentille, trop idéaliste.. elle ne défendrait pas assez nos intérêts économiques, redistribuerait à tours de bras l'argent qu'elle ne gère pas quand elle est dans l'opposition, mais doit faire avec le peu d'argent à redistribuer pendant l'exercice du pouvoir.
Mais quand elle se retrouve au pouvoir, la gauche devient gestionnaire et doit faire alors le grand écart entre ses idées et l'exercice du pouvoir.
La droite est gestionnaire, elle gère le présent, l'immédiat, le moyen terme. Elle met donc toute son énergie à être crédible sur cette gestion et c'est souvent ce qui lui fait gagner les élections alors que la gauche est perçue comme utopiste et que ce qu'elle prône, même si partagé, n'est pas considéré comme faisable.
Et pour couronner le tout, la gauche est perçue comme donneuse de leçons alors que ses dirigeants se déchirent pour le pouvoir. François Mitterrand disait : "Ce n'est pas parce que je veux oeuvrer pour les pauvres, qu'il faut que je vive comme eux !"
Si les actions de la droite améliorent le bien-être commun, c'est une conséquence heureuse mais ce n'est pas forcément le but premier. Les français sont souvent prêts à accepter seulement cette conséquence heureuse.
Identifions d'abord comment nous en sommes arrivés là.
Nous aborderons les questions suivantes:
Comment se fait-il que le fossé se soit tant creusé entre le discours et la réalité de l'exercice du pouvoir ?
Est-ce que ceci a toujours été le cas ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?
Comment la gauche peut-elle éviter la gauchisation du discours sans abandonner ses idéaux socialistes ?
Faut-il prendre un tournant résolument à gauche, y compris dans les actes, ou faut-il prendre un tournant social-démocrate ?
Comment passer d'un modèle principalement fondé sur la redistribution à un modèle fondé sur le juste partage des richesses créées ? Et si richesses créées il y a, est-ce compatible avec la sauvegarde de la planète ?
Pourquoi cette contradiction est-elle au centre des défaites successives du PS au plan national ?
Quelles conséquences pour le rassemblement au parti socialiste ? Comment ceci peut-il permettre de gagner les prochaines élections nationales ?
J'ai déjà abordé ce point lors de posts précédents.
Tout d'abord, prenons la question du discours pseudo-révolutionnaire. On dit aussi que la gauche est dans l'universel et la droite est dans l'instant. On dit que la droite est dans la réalité et la gauche dans l'utopie. Et face à la réalité (quand elle est au pouvoir), la gauche perd son âme et adopte un certain conformisme économique.
Les valeurs de la gauche la positionnent toujours par rapport à des valeurs universelles : égalité, fraternité, etc... ce qui exclut nécessairement certaines qualités de gestionnaire. La gauche n'est pas gestionnaire, n'est pas dans la réalité immédiate. C'est partiellement pour cela qu'elle est souvent considérée comme moins apte à gérer un pays. Trop gentille, trop idéaliste.. elle ne défendrait pas assez nos intérêts économiques, redistribuerait à tours de bras l'argent qu'elle ne gère pas quand elle est dans l'opposition, mais doit faire avec le peu d'argent à redistribuer pendant l'exercice du pouvoir.
Mais quand elle se retrouve au pouvoir, la gauche devient gestionnaire et doit faire alors le grand écart entre ses idées et l'exercice du pouvoir.
La droite est gestionnaire, elle gère le présent, l'immédiat, le moyen terme. Elle met donc toute son énergie à être crédible sur cette gestion et c'est souvent ce qui lui fait gagner les élections alors que la gauche est perçue comme utopiste et que ce qu'elle prône, même si partagé, n'est pas considéré comme faisable.
Et pour couronner le tout, la gauche est perçue comme donneuse de leçons alors que ses dirigeants se déchirent pour le pouvoir. François Mitterrand disait : "Ce n'est pas parce que je veux oeuvrer pour les pauvres, qu'il faut que je vive comme eux !"
Si les actions de la droite améliorent le bien-être commun, c'est une conséquence heureuse mais ce n'est pas forcément le but premier. Les français sont souvent prêts à accepter seulement cette conséquence heureuse.
Identifions d'abord comment nous en sommes arrivés là.
Nous aborderons les questions suivantes:
Comment se fait-il que le fossé se soit tant creusé entre le discours et la réalité de l'exercice du pouvoir ?
Est-ce que ceci a toujours été le cas ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?
Comment la gauche peut-elle éviter la gauchisation du discours sans abandonner ses idéaux socialistes ?
Faut-il prendre un tournant résolument à gauche, y compris dans les actes, ou faut-il prendre un tournant social-démocrate ?
Comment passer d'un modèle principalement fondé sur la redistribution à un modèle fondé sur le juste partage des richesses créées ? Et si richesses créées il y a, est-ce compatible avec la sauvegarde de la planète ?
Pourquoi cette contradiction est-elle au centre des défaites successives du PS au plan national ?
Quelles conséquences pour le rassemblement au parti socialiste ? Comment ceci peut-il permettre de gagner les prochaines élections nationales ?
dimanche 10 février 2008
Un dernier petit avant de se coucher
et une réflexion : les français commencent enfin à réaliser que Sarkozy est pathétique. Ce qui semblait évident à une très grande minorité devient maintenant presque majoritaire dans le pays.
Donc... Danger pour la gauche, qui risque de se délecter des malheurs de Sarko, d'engranger les élections intermédiaires et de ne pas se remettre à réfléchir sur ses idées et son programme....
Donc... Danger pour la gauche, qui risque de se délecter des malheurs de Sarko, d'engranger les élections intermédiaires et de ne pas se remettre à réfléchir sur ses idées et son programme....
Commentaires blogs
bon, aujourd'hui, petit message sur les.... commentaires de blogs.
Je lis beaucoup la presse sur internet et parfois je lis également les blogs de journalistes par exemple.
Je suis abasourdi par la teneur des commentaires que les internautes écrivent sur les articles : c'est la plupart de temps d'une agressivité rare, d'une profonde méchanceté ou d'une bêtise crasse. Et je dis ça d'autant plus librement que mon blog n'est pas lu... (ouf ?)
Bref la plupart du temps, je suis affligé et je prends peur. Est-ce que ces commentaires, qui peuvent être laissés de manière tout à fait anonyme sont le reflet de l'état d'esprit profond des lecteurs, est-ce qu'ils se lâchent parce qu'ils savent qu'ils ne seront pas reconnus et donc exagèrent leurs propos ?
Parfois, je me dis que la société, qui gomme, arrondit a du bon et que je préfère voir le surmoi des gens plutôt que leur moi profond, parce qu'il n'a pas l'air très reluisant......
Je lis beaucoup la presse sur internet et parfois je lis également les blogs de journalistes par exemple.
Je suis abasourdi par la teneur des commentaires que les internautes écrivent sur les articles : c'est la plupart de temps d'une agressivité rare, d'une profonde méchanceté ou d'une bêtise crasse. Et je dis ça d'autant plus librement que mon blog n'est pas lu... (ouf ?)
Bref la plupart du temps, je suis affligé et je prends peur. Est-ce que ces commentaires, qui peuvent être laissés de manière tout à fait anonyme sont le reflet de l'état d'esprit profond des lecteurs, est-ce qu'ils se lâchent parce qu'ils savent qu'ils ne seront pas reconnus et donc exagèrent leurs propos ?
Parfois, je me dis que la société, qui gomme, arrondit a du bon et que je préfère voir le surmoi des gens plutôt que leur moi profond, parce qu'il n'a pas l'air très reluisant......
lundi 31 décembre 2007
Vers la fin du règne de la Civilisation Occidentale
Depuis plus de 500 ans voire plus, la civilisation occidentale, chrétienne et européenne a dominé le monde.
Depuis la découverte de l'Amérique, depuis la généralisation des voyages, grâce à ses avancées technologiques en particulier grâcé à ses armes, grâce à une culture de la performance individuelle, à un climat clément puis grâce au relai des Etats-Unis à partir du 20e siècle, la civilisation occidentale a conquis, colonisé les pays et parfois les consciences.
De multiples indices tendent à faire penser que nous arrivons au terme de ce règne sans partage.
La Chine s'est éveille. En utilisant sa main d'oeuvre bon marché et gigantesque pour devenir l'usine du monde, la Chine a engrangé des devises énormes qui lui permettent d'une part de maintenir sous perfusion l'économie américaine, mais également qui vont désormais lui permettre de passer d'une économie de sous-traitance à une économie de contrôle et d'innovation. Si la chute brutale des Etats-Unis n'est pour l'instant pas dans son intérêt, rien ne dit que ce ne sera pas le cas dans quelques décennis. Et lorsque l'empire américain commencera à s'écrouler, que les bons du Trésor ne trouveront plus preneurs en Chine, les conséquences pourront être désastreuses pour toute la civilisation occidentale.
Avec les fonds souverains et les grandes entreprises chinoises et indiennes qui commencent à racheter les capitaux américains et européens, les capitaux mondiaux ne sont plus majoritairement aux mains des occidentaux comme c'était le cas il y a 50 ans au sortir de la guerre. Le Japon et les pays producteurs de pétrole avaient depuis bien longtemps affirmé une position très importante dans l'économie mondiale, mais avec la Chine et l'Inde, les vitesses suivantes ont été enclenchées et nous passons de contre-exemples importants à une généralisation du phénomène.
Le même phénomène est vrai pour l'Inde et plus généralement pour toute l'Asie qui regorge d'argent.
Certains peuvent se réjouir d'un rééquilibrage mondial, de la fin d'un post-colonialisme où même si les Etats étaient devenus indépendants, ils étaient pillés constamment par les puissances dominantes, USA et Europe compris. D'autres s'inquiéteront que les nouveaux dominants aient la même attitude que les occidentaux.
Plusieurs questions à creuser néanmoins :
- Les nouvelles sociétés asiatiques qui vont bientôt dominer le monde sont-elle restées asiatiques ou leur succès n'est-il pas essentiellement dû à l'occidentalisation de leur économie, de leurs modes de management ? Est-ce que finalement on ne reconnaît pas ici une victoire du modèle économique occidental, voire ultra-libéral ? Si la Chine a connu ces dernières années et depuis Deng Xiaoping des taux de croissance fulgurants, c'est bien parce qu'elle s'est convertie au capitalisme à l'occidental. Mais le succès a été également dû à un mode de gestion centralisé et autoritaire des pouvoirs centraux qui a géré cette croissance et imprimé les grandes orientations. De plus, la société chinoise ne s'est pas totalement convertie aux modes de vie occidentaux. Et si la domination de la Chine et de l'Inde se confirme, il sera intéressant de voir si ces payx exporteront également leurs modes de vie et deviendront des pays impérialistes comme ont pu le faire les Etats-Unis. Aujourd'hui, les petits dragons asiatiques (Hong Kong, Singapour) ont une culture à mi chemin entre les cultures asiatiques et les cultures occidentales et l'occidentalisation plaît encore beaucoup aux jeunes qui rêvent de consommer et d'être plus "libres".
- La question est de savoir si avec cette mondialisation et la domination prochaine de la Chine dans l'économie mondiale, il y aura de la place pour tout le monde. Si la domination de la Chine et de l'Inde se traduiront par une paupérisation des Etats-Unis et de l'Europe. Est-ce que la Chine aura toujours besoin de voler au secours du pouvoir d'achat des américains ou est-ce qu'elle pourra un jour s'en passer et voler de ses propres ailes, partiellement grâce à un marché intérieur important ? La question reste aujourd'hui ouverte et on ne peut pas dire s'il s'établira un équilibre ou si cette domination sera totale et brutale.
- La planète y survivra-t-elle ? Quand tous les chinois auront envie et pourront acheter une voiture, tous les spécialistes prédisent une aggravation fulgurante de la pollution atmosphérique, du réchauffement climatique. La planète pourrait n'y pas survivre en quelques décennies. Si l'on ne peut pas empêcher les chinois d'avoir accès au bien-être comme les occidentaux y ont eu accès, il faudra trouver de nouveaux moyens pour satisfaire durablement ces besoins nouveaux et le pétrole devra rapidement céder la place à des énergies renouvelables et respectueuses de l'environnement. Sinon, la domination chinoise et indienne s'accompagnera de... la fin du monde. C'est emphatique mais très clair.
- On doit désormais se poser donc la question de savoir quel modèle économique on voudrait construire dans une économie mondiale dominée par les puissance indienne et chinoise (de par leur démographie et leur nouvelle puissance économique). Ce modèle économique devra satisfaire tout le monde et préserver la planète. Il est clair que la recherce constante de la croissance la plus forte entraîne inmanquablement la destruction de la planète et qu'il sera nécessaire de redéfninir les besoins de l'homme en termes de consommation. Plus on consomme, plus on croît, plus on détruit et nous arrivons aujourd'hui à un taux insupportable pour la planète à moyen terme. Le capitalisme et le libéralisme sont-ils compatibles avec cette nouvelle économie à construire ? Peut-on les encadrer suffisamment tout en en préservant les grands principes ; la croissance économique d'un monde capitaliste est-elle consubstantielle au pillage de la terre, aux inégalités croissantes entre les hommes ?
- Lors du forum de la rénovation du parti socialiste, une personne dont j'ai oublié le nom avait parlé de sobriété. Le terme n'est pas très sexy, mais il dit bien ce qu'il veut dire : nous avons besoin de sobriété pour survivre. D'une part parce qu'un jour, nous ne désespérons pas de faire comprendre à tout le monde que le bonheur n'est pas dans la consommation à outrance, mais également et plus directement parce que nous devons limiter notre impact sur la planète.
- C'est pour cette raison que l'écologie est totalement indissociable de l'économie.
La Chine et l'Inde vont nous dominer. Si elles ne détruisent pas la planète comme nous avons contribué à la détruire partiellement depuis 200 ans, nous devrons construire un modèle économique 10 plus sobre en termes de consommation d'énergie qui est complètement à construire. C'est à la fois passionnant et très inquiétant car les échéances sont maintenant très rapides.
Depuis la découverte de l'Amérique, depuis la généralisation des voyages, grâce à ses avancées technologiques en particulier grâcé à ses armes, grâce à une culture de la performance individuelle, à un climat clément puis grâce au relai des Etats-Unis à partir du 20e siècle, la civilisation occidentale a conquis, colonisé les pays et parfois les consciences.
De multiples indices tendent à faire penser que nous arrivons au terme de ce règne sans partage.
La Chine s'est éveille. En utilisant sa main d'oeuvre bon marché et gigantesque pour devenir l'usine du monde, la Chine a engrangé des devises énormes qui lui permettent d'une part de maintenir sous perfusion l'économie américaine, mais également qui vont désormais lui permettre de passer d'une économie de sous-traitance à une économie de contrôle et d'innovation. Si la chute brutale des Etats-Unis n'est pour l'instant pas dans son intérêt, rien ne dit que ce ne sera pas le cas dans quelques décennis. Et lorsque l'empire américain commencera à s'écrouler, que les bons du Trésor ne trouveront plus preneurs en Chine, les conséquences pourront être désastreuses pour toute la civilisation occidentale.
Avec les fonds souverains et les grandes entreprises chinoises et indiennes qui commencent à racheter les capitaux américains et européens, les capitaux mondiaux ne sont plus majoritairement aux mains des occidentaux comme c'était le cas il y a 50 ans au sortir de la guerre. Le Japon et les pays producteurs de pétrole avaient depuis bien longtemps affirmé une position très importante dans l'économie mondiale, mais avec la Chine et l'Inde, les vitesses suivantes ont été enclenchées et nous passons de contre-exemples importants à une généralisation du phénomène.
Le même phénomène est vrai pour l'Inde et plus généralement pour toute l'Asie qui regorge d'argent.
Certains peuvent se réjouir d'un rééquilibrage mondial, de la fin d'un post-colonialisme où même si les Etats étaient devenus indépendants, ils étaient pillés constamment par les puissances dominantes, USA et Europe compris. D'autres s'inquiéteront que les nouveaux dominants aient la même attitude que les occidentaux.
Plusieurs questions à creuser néanmoins :
- Les nouvelles sociétés asiatiques qui vont bientôt dominer le monde sont-elle restées asiatiques ou leur succès n'est-il pas essentiellement dû à l'occidentalisation de leur économie, de leurs modes de management ? Est-ce que finalement on ne reconnaît pas ici une victoire du modèle économique occidental, voire ultra-libéral ? Si la Chine a connu ces dernières années et depuis Deng Xiaoping des taux de croissance fulgurants, c'est bien parce qu'elle s'est convertie au capitalisme à l'occidental. Mais le succès a été également dû à un mode de gestion centralisé et autoritaire des pouvoirs centraux qui a géré cette croissance et imprimé les grandes orientations. De plus, la société chinoise ne s'est pas totalement convertie aux modes de vie occidentaux. Et si la domination de la Chine et de l'Inde se confirme, il sera intéressant de voir si ces payx exporteront également leurs modes de vie et deviendront des pays impérialistes comme ont pu le faire les Etats-Unis. Aujourd'hui, les petits dragons asiatiques (Hong Kong, Singapour) ont une culture à mi chemin entre les cultures asiatiques et les cultures occidentales et l'occidentalisation plaît encore beaucoup aux jeunes qui rêvent de consommer et d'être plus "libres".
- La question est de savoir si avec cette mondialisation et la domination prochaine de la Chine dans l'économie mondiale, il y aura de la place pour tout le monde. Si la domination de la Chine et de l'Inde se traduiront par une paupérisation des Etats-Unis et de l'Europe. Est-ce que la Chine aura toujours besoin de voler au secours du pouvoir d'achat des américains ou est-ce qu'elle pourra un jour s'en passer et voler de ses propres ailes, partiellement grâce à un marché intérieur important ? La question reste aujourd'hui ouverte et on ne peut pas dire s'il s'établira un équilibre ou si cette domination sera totale et brutale.
- La planète y survivra-t-elle ? Quand tous les chinois auront envie et pourront acheter une voiture, tous les spécialistes prédisent une aggravation fulgurante de la pollution atmosphérique, du réchauffement climatique. La planète pourrait n'y pas survivre en quelques décennies. Si l'on ne peut pas empêcher les chinois d'avoir accès au bien-être comme les occidentaux y ont eu accès, il faudra trouver de nouveaux moyens pour satisfaire durablement ces besoins nouveaux et le pétrole devra rapidement céder la place à des énergies renouvelables et respectueuses de l'environnement. Sinon, la domination chinoise et indienne s'accompagnera de... la fin du monde. C'est emphatique mais très clair.
- On doit désormais se poser donc la question de savoir quel modèle économique on voudrait construire dans une économie mondiale dominée par les puissance indienne et chinoise (de par leur démographie et leur nouvelle puissance économique). Ce modèle économique devra satisfaire tout le monde et préserver la planète. Il est clair que la recherce constante de la croissance la plus forte entraîne inmanquablement la destruction de la planète et qu'il sera nécessaire de redéfninir les besoins de l'homme en termes de consommation. Plus on consomme, plus on croît, plus on détruit et nous arrivons aujourd'hui à un taux insupportable pour la planète à moyen terme. Le capitalisme et le libéralisme sont-ils compatibles avec cette nouvelle économie à construire ? Peut-on les encadrer suffisamment tout en en préservant les grands principes ; la croissance économique d'un monde capitaliste est-elle consubstantielle au pillage de la terre, aux inégalités croissantes entre les hommes ?
- Lors du forum de la rénovation du parti socialiste, une personne dont j'ai oublié le nom avait parlé de sobriété. Le terme n'est pas très sexy, mais il dit bien ce qu'il veut dire : nous avons besoin de sobriété pour survivre. D'une part parce qu'un jour, nous ne désespérons pas de faire comprendre à tout le monde que le bonheur n'est pas dans la consommation à outrance, mais également et plus directement parce que nous devons limiter notre impact sur la planète.
- C'est pour cette raison que l'écologie est totalement indissociable de l'économie.
La Chine et l'Inde vont nous dominer. Si elles ne détruisent pas la planète comme nous avons contribué à la détruire partiellement depuis 200 ans, nous devrons construire un modèle économique 10 plus sobre en termes de consommation d'énergie qui est complètement à construire. C'est à la fois passionnant et très inquiétant car les échéances sont maintenant très rapides.
dimanche 23 décembre 2007
Forum de la rénovation : le marché
Je suis allé au forum de la rénovation du PS sur le PS et le marché.
Tout le monde avait des remarques pertinentes, tout le monde faisait des propositions intéresantes, tout le monde avait des réflexions profondes.
Oui, mais voilà, on est tout de même passé à côté.
En gros, ce qu'il s'est dit c'est : "bien sûr que le PS est pour le marché, mais le PS n'est pas pour un capitalisme financier".
Subtile différence sémantique pour la plupart des gens ? Mais fondamentale pour le PS qui forge tout son rapport au capitalisme dessus.
Donc on est pour le marché et tout le monde comprend : on accepte le capitalisme, forcé contraint. Miam miam miam, quelle perspective.
Comme toujours, on fait la synthese de la synthese de la synthese, on est pour le marché, mais pas trop, on accepte le capitalisme, mais plus ses dérives.
Bref, on ne fait plus rêver. On gère.
On taille les branches de gauche, on taille les branches de droite, pour se retrouver avec un tout petit rosier rabougri.
Et on devient inaudible.
C'est exactement ce qu'a fait François Hollande depuis 10 ans.
Alors qu'il fallait laisser pousser les branches de gauche et de droite, les accepter, les laisser s'exprimer, puis les accueillir, plûtôt que les couper.
Il faut avoir un idéal et une marche à suivre.
Il faut accepter de dire, car c'est vrai, que l'argent corrompt, que les inégalités doivent être progressivement effacées, mais pour ceci, il faut préparer le monde, lentement, obstinément, sûrement. Il faut garder le vivier d'idées de la gauche de la gauche en proposant un contrat simple : rester un vivier d'idées tant que la conscience collective majoritaire n'est pas prête à les appliquer et faire progressivement dériver cette conscience collective majoritaire dans le bon sens.
Et entre temps, on doit composer, embrasser activement le capitalisme en se réconciliant avec les entreprises qui peuvent ne pas être l'expression du capitalisme financier, mais de la créativité des hommes.
Tout le monde avait des remarques pertinentes, tout le monde faisait des propositions intéresantes, tout le monde avait des réflexions profondes.
Oui, mais voilà, on est tout de même passé à côté.
En gros, ce qu'il s'est dit c'est : "bien sûr que le PS est pour le marché, mais le PS n'est pas pour un capitalisme financier".
Subtile différence sémantique pour la plupart des gens ? Mais fondamentale pour le PS qui forge tout son rapport au capitalisme dessus.
Donc on est pour le marché et tout le monde comprend : on accepte le capitalisme, forcé contraint. Miam miam miam, quelle perspective.
Comme toujours, on fait la synthese de la synthese de la synthese, on est pour le marché, mais pas trop, on accepte le capitalisme, mais plus ses dérives.
Bref, on ne fait plus rêver. On gère.
On taille les branches de gauche, on taille les branches de droite, pour se retrouver avec un tout petit rosier rabougri.
Et on devient inaudible.
C'est exactement ce qu'a fait François Hollande depuis 10 ans.
Alors qu'il fallait laisser pousser les branches de gauche et de droite, les accepter, les laisser s'exprimer, puis les accueillir, plûtôt que les couper.
Il faut avoir un idéal et une marche à suivre.
Il faut accepter de dire, car c'est vrai, que l'argent corrompt, que les inégalités doivent être progressivement effacées, mais pour ceci, il faut préparer le monde, lentement, obstinément, sûrement. Il faut garder le vivier d'idées de la gauche de la gauche en proposant un contrat simple : rester un vivier d'idées tant que la conscience collective majoritaire n'est pas prête à les appliquer et faire progressivement dériver cette conscience collective majoritaire dans le bon sens.
Et entre temps, on doit composer, embrasser activement le capitalisme en se réconciliant avec les entreprises qui peuvent ne pas être l'expression du capitalisme financier, mais de la créativité des hommes.
Métaphore simpliste
J'adore cette expression : le loup est un loup pour l'homme.
La droite aiguise les dents du loup et le rend performant, encore plus loup. La société qu'il crée en fait une meute de plus en plus aggressive et tant qu'il y a des moutons à dévorer, un planète à détruire, la meute est contente. Elle tue, elle pille, elle détruit et rend son petit monde puissant. C'est l'ultracapitalisme, l'ultrallibéralisme. A la naissance, on pense que tout le monde est loup est que tout le monde a donc les mêmes possibilités, mais le postulat est biaisé et faux et rien n'est fait pour corriger les conditions initiales inégales.
La gauche veut apaiser et pacifier le loup, le rendre moins loup. Mais forcément, isolée dans une meute de loups affamés et prêts à le dévorer, le loup pacifiste se fait manger. Une politique de gauche dans un monde ultralibérale est vouée à l'échec. Il faut d'abord pacifier la meute, en comprendre et en décrypter ses modes de fonctionnement, sans toutefois totalement l'intégrer pour passer à autre chose, de plus apaisé, de plus sobre, de plus à gauche. Et puis, on doit apaiser et pacifier un grand nombre de ses congénères de loup, sous peine de perdre la batille.
Dans cette longue quête, cette pacification de la meute peut vouloir aller trop vite et trop fort. En pacifiant au forceps, la meute n'est pas prête et sous des apparences de loups pacifiques, la meute est tapie. Le communisme est un bon exemple d'une rupture trop rapide qui n'était pas en rapport avec les consciences. La meute était encore trop animale.
Le seul chemin possible devra être long, patient mais aussi obstiné. Il devra naviguer, éviter les congénères aggressifs, mordre ceux qui l'aggressent. Le seul chemin possible est le dialogue, le lobbying, la communication.
La droite aiguise les dents du loup et le rend performant, encore plus loup. La société qu'il crée en fait une meute de plus en plus aggressive et tant qu'il y a des moutons à dévorer, un planète à détruire, la meute est contente. Elle tue, elle pille, elle détruit et rend son petit monde puissant. C'est l'ultracapitalisme, l'ultrallibéralisme. A la naissance, on pense que tout le monde est loup est que tout le monde a donc les mêmes possibilités, mais le postulat est biaisé et faux et rien n'est fait pour corriger les conditions initiales inégales.
La gauche veut apaiser et pacifier le loup, le rendre moins loup. Mais forcément, isolée dans une meute de loups affamés et prêts à le dévorer, le loup pacifiste se fait manger. Une politique de gauche dans un monde ultralibérale est vouée à l'échec. Il faut d'abord pacifier la meute, en comprendre et en décrypter ses modes de fonctionnement, sans toutefois totalement l'intégrer pour passer à autre chose, de plus apaisé, de plus sobre, de plus à gauche. Et puis, on doit apaiser et pacifier un grand nombre de ses congénères de loup, sous peine de perdre la batille.
Dans cette longue quête, cette pacification de la meute peut vouloir aller trop vite et trop fort. En pacifiant au forceps, la meute n'est pas prête et sous des apparences de loups pacifiques, la meute est tapie. Le communisme est un bon exemple d'une rupture trop rapide qui n'était pas en rapport avec les consciences. La meute était encore trop animale.
Le seul chemin possible devra être long, patient mais aussi obstiné. Il devra naviguer, éviter les congénères aggressifs, mordre ceux qui l'aggressent. Le seul chemin possible est le dialogue, le lobbying, la communication.
mercredi 5 décembre 2007
Australie
Je reviens d'Australie.
Comme souvent dans les pays anglo-saxons, ce qui me frappe en Australie est leur optimisme à toute épreuve qui tranche considérablement avec le pessimisme voire le misérabilisme ambiant des français.
Ils viennent d'élire un nouveau premier ministre travailliste qui a appuyé pendant sa campagne sur l'éducation et sur les changements climatiques. C'est la première fois qu'un premier ministre d'un pays important est élu sur des thèmes écologistes et je trouve ca assez formidable.
L'Australie bénéficie du plein emploi et d'une économie florissante.
J'aimerais tenter ici un rapprochement entre les dernières déclarations de Jacques Attali sur l'état économique de le France et ce que j'ai vu en Australie.
Selon Jacques Attali, la France souffre d'un manque de compétitivité flagrant. Il ne précise pas exactement ce que cela veut dire, si c'est l'euro trop fort, une main d'oeuvre dont le coût serait trop élevée, des prélèvements obligatoires trop importantes ou si la France souffre d'un manque d'innovation.
Il s'inquiète également du fait que si l'on augmente le pouvoir d'achat, le risque est de faire exploser les déséquilibres commerciaux, les gains de pouvoir d'achat allant principalement vers des achats de produits étrangers.
L'Australie ne souffre pas apparemment de manque de compétitivité pour plusieurs raisons:
- sa monnaie n'est pas très forte et permet de maintenir les exportations
- son isolement géographique et la tendance très forte à la préférence d'achat national fait que les importations sont plus limitées qu'en France
- des marcés de niche et une population limitée permettent à l'Australie de maintenir une forte compétitivité avec des salaires mesurés et un immobilier mesuré également
Je ne porte évidemment aucun jugement de valeur, c'est simplement une constatation de différence avec la France. La seule chose dont on pourrait sûrement s'inspirer est cet optimiste formidable.
Comme souvent dans les pays anglo-saxons, ce qui me frappe en Australie est leur optimisme à toute épreuve qui tranche considérablement avec le pessimisme voire le misérabilisme ambiant des français.
Ils viennent d'élire un nouveau premier ministre travailliste qui a appuyé pendant sa campagne sur l'éducation et sur les changements climatiques. C'est la première fois qu'un premier ministre d'un pays important est élu sur des thèmes écologistes et je trouve ca assez formidable.
L'Australie bénéficie du plein emploi et d'une économie florissante.
J'aimerais tenter ici un rapprochement entre les dernières déclarations de Jacques Attali sur l'état économique de le France et ce que j'ai vu en Australie.
Selon Jacques Attali, la France souffre d'un manque de compétitivité flagrant. Il ne précise pas exactement ce que cela veut dire, si c'est l'euro trop fort, une main d'oeuvre dont le coût serait trop élevée, des prélèvements obligatoires trop importantes ou si la France souffre d'un manque d'innovation.
Il s'inquiète également du fait que si l'on augmente le pouvoir d'achat, le risque est de faire exploser les déséquilibres commerciaux, les gains de pouvoir d'achat allant principalement vers des achats de produits étrangers.
L'Australie ne souffre pas apparemment de manque de compétitivité pour plusieurs raisons:
- sa monnaie n'est pas très forte et permet de maintenir les exportations
- son isolement géographique et la tendance très forte à la préférence d'achat national fait que les importations sont plus limitées qu'en France
- des marcés de niche et une population limitée permettent à l'Australie de maintenir une forte compétitivité avec des salaires mesurés et un immobilier mesuré également
Je ne porte évidemment aucun jugement de valeur, c'est simplement une constatation de différence avec la France. La seule chose dont on pourrait sûrement s'inspirer est cet optimiste formidable.
mercredi 28 novembre 2007
Asie et démocratie
Mes activités professionnelles me mènent régulièrement vers l'Asie : Chine, Singapour, Japon, Malaisie, Australie. Cela fait donc plusieurs années que je travaille dans un environnement asiatique.
J'ai donc pratiqué des pays démocratiques ou non et ce qui me frappe le plus, c'est que la politique en général n'est absolument pas au coeur des préoccupations des gens. De même pour les sujets de société en général.
Il semble que le bien-être matériel soit actuellement la seule préoccupation apparente, ainsi que la performance au travail. Les asiatiques font des horaires indécents, y compris les femmes mariées avec des enfants, commençant à 8h et finissant après 20h00 avec 2,3 heures de transport par jour et du travail quasiment tous les weekends.
L'occidentalisation de la société est très différente d'un pays à l'autre : à Singapour, elle est réelle, le mode de vie est très occidentalisé en apparence, mais le management asiatique, s'il se teinte petit à petit de pratiques occidentales, reste asiatique et pour nous semble un peu archaïque, ce qui contraste avec l'image que le pays veut donner. En Chine, on atteint le comble de l'ultra-libéralisme où la seule valeur qui compte semble être l'argent, le travail et la performance. Pour un pays supposé communiste, c'est réellement hallucinant.
Au Japon, c'est le collectif qui compte et il se traduit très souvent par le sacrifice de la vie personnelle reléguée au second plan en apparence. Par exemple, un cadre ne parle absolument jamais au travail de sa femme ou de ses enfants. Par contre, il semble que cet engagement total soit au service du collectif et non du bien-être matériel et individuel. Comme en Europe, l'argent n'est pas la valeur phare (contrairement à la Chine), c'est plutôt la réussite de la société pour laquelle on travaille, de l'esprit de corps et de groupe que l'on met en place dans une équipe de travail. Pour moi, les valeurs du Japon ne sont pas ultra-libérales et contrairement à la Chine ne sont pas non plus ultra-individuelles.
Dans tous ces pays, y compris au Japon, la démocratie n'est pas une priorité.
Au Japon, certes la démocratie a été imposée par les américains après la guerre. Mais ce qu'il faut savoir est que le parti principal a été au pouvoir depuis 1945 sans discontinuer (à part une brève interruption non significative de quelques mois dans les années 90).
Au Japon, le consensus (apparent ou réel) est la valeur première. Faire perdre la face à quelqu'un est considéré comme une défaite à la fois pour celui qui la perd ou celui qui la fait perdre à l'autre. Dans une réunion, si une personne sort évidemment perdante d'une discussion ou d'une négociation, les deux parties sont perdantes.
Or la démocratie est avant tout synonyme d'élections avec un gagnant et un perdant, ce qui va complètement à l'encontre de la philosophie et de l'organisation de la société japonaise. C'est la raison pour laquelle la démocratie japonaise n'est pour moi qu'une façade, quelque chose qu'ils appliquent car cela leur a été imposé par les européens.
Dans le reste de l'Asie, c'est souvent le même principe, avec des subtilités différentes. A Singapour, nous avons une dictature très éclairée fondée sur la performance de leurs dirigeants mais c'est le même principe : le pouvoir est au service de la performance économique et du bien-être matériel quasiment exclusivement.
En Chine, ce pays communiste est le grand champion de l'ultra-libéralisme. Shanghai, c'est la défense puissance 10. A perte de vue. Les conversations ne tournent strictement que autour de la performance, de la carrière. Singapour et Shanghai semblent apparemment se complaire dans un vide culturel assumé et une "américanisation" apparente.
J'ai donc pratiqué des pays démocratiques ou non et ce qui me frappe le plus, c'est que la politique en général n'est absolument pas au coeur des préoccupations des gens. De même pour les sujets de société en général.
Il semble que le bien-être matériel soit actuellement la seule préoccupation apparente, ainsi que la performance au travail. Les asiatiques font des horaires indécents, y compris les femmes mariées avec des enfants, commençant à 8h et finissant après 20h00 avec 2,3 heures de transport par jour et du travail quasiment tous les weekends.
L'occidentalisation de la société est très différente d'un pays à l'autre : à Singapour, elle est réelle, le mode de vie est très occidentalisé en apparence, mais le management asiatique, s'il se teinte petit à petit de pratiques occidentales, reste asiatique et pour nous semble un peu archaïque, ce qui contraste avec l'image que le pays veut donner. En Chine, on atteint le comble de l'ultra-libéralisme où la seule valeur qui compte semble être l'argent, le travail et la performance. Pour un pays supposé communiste, c'est réellement hallucinant.
Au Japon, c'est le collectif qui compte et il se traduit très souvent par le sacrifice de la vie personnelle reléguée au second plan en apparence. Par exemple, un cadre ne parle absolument jamais au travail de sa femme ou de ses enfants. Par contre, il semble que cet engagement total soit au service du collectif et non du bien-être matériel et individuel. Comme en Europe, l'argent n'est pas la valeur phare (contrairement à la Chine), c'est plutôt la réussite de la société pour laquelle on travaille, de l'esprit de corps et de groupe que l'on met en place dans une équipe de travail. Pour moi, les valeurs du Japon ne sont pas ultra-libérales et contrairement à la Chine ne sont pas non plus ultra-individuelles.
Dans tous ces pays, y compris au Japon, la démocratie n'est pas une priorité.
Au Japon, certes la démocratie a été imposée par les américains après la guerre. Mais ce qu'il faut savoir est que le parti principal a été au pouvoir depuis 1945 sans discontinuer (à part une brève interruption non significative de quelques mois dans les années 90).
Au Japon, le consensus (apparent ou réel) est la valeur première. Faire perdre la face à quelqu'un est considéré comme une défaite à la fois pour celui qui la perd ou celui qui la fait perdre à l'autre. Dans une réunion, si une personne sort évidemment perdante d'une discussion ou d'une négociation, les deux parties sont perdantes.
Or la démocratie est avant tout synonyme d'élections avec un gagnant et un perdant, ce qui va complètement à l'encontre de la philosophie et de l'organisation de la société japonaise. C'est la raison pour laquelle la démocratie japonaise n'est pour moi qu'une façade, quelque chose qu'ils appliquent car cela leur a été imposé par les européens.
Dans le reste de l'Asie, c'est souvent le même principe, avec des subtilités différentes. A Singapour, nous avons une dictature très éclairée fondée sur la performance de leurs dirigeants mais c'est le même principe : le pouvoir est au service de la performance économique et du bien-être matériel quasiment exclusivement.
En Chine, ce pays communiste est le grand champion de l'ultra-libéralisme. Shanghai, c'est la défense puissance 10. A perte de vue. Les conversations ne tournent strictement que autour de la performance, de la carrière. Singapour et Shanghai semblent apparemment se complaire dans un vide culturel assumé et une "américanisation" apparente.
mardi 13 novembre 2007
Un grand parti de gauche
Ségolène Royal a dit hier sur France Inter qu'elle souhaitait la création d'un grand parti de gauche qui rassemblerait de l'êxtrême gauche au centre gauche : Bravo !
Je ne suis pas forcément un grand fan de Ségolène Royal, mais ceci me paraît une évidence et c'est tout à fait le sens des messages que je publie sur ce blog.
Il faut aller de la gestion à l'utopie, il faut toutes ces composantes, en expliquant dès le départ que certains courants seront des viviers d'idées, des aiguillons qui nous rappellent la voie générale à suivre sur le court, moyen ou long terme.
Mieux vaut avoir un curseur, le défendre et expliquer comment on va le faire évoluer vers la gauche que pas de curseur du tout.
D'une part, ceci rassemblera un grand nombre d'électeurs qui pourront se rassembler sur des idées générales communes.
Depuis quelques années, la base électorale du parti socialiste s'est considérablement rétrécie car le parti socialiste a été obsédé par la synthèse. A trop vouloir faire la synthèse, on coupe les idées un peu à gauche, on les coupe un peu à droite et la taille de l'arbre diminue. On perd les électeurs d'extrême gauche qui repartent vers les Besancenot et on perd les électeurs du centre car on n'ose pas dire que l'on partage certaines de leurs idées de centre en matière économique.
François Hollande est responsable de cet état de fait.
En ne se positionnant ni comme celui qui veut construire une société socialisté afranchie du libéralisme, ni comme un gestionnaire qui embrasse le capitalisme, il a laissé planer des idées molles, sans saveur forte qui finalement ne satisfont personne.
Il est possible de dire à la fois "l'argent corrompt" et "le capitalisme est aujourd'hui le seul moyen qui permette de satisfaire le plus grand nombre".
Je ne suis pas forcément un grand fan de Ségolène Royal, mais ceci me paraît une évidence et c'est tout à fait le sens des messages que je publie sur ce blog.
Il faut aller de la gestion à l'utopie, il faut toutes ces composantes, en expliquant dès le départ que certains courants seront des viviers d'idées, des aiguillons qui nous rappellent la voie générale à suivre sur le court, moyen ou long terme.
Mieux vaut avoir un curseur, le défendre et expliquer comment on va le faire évoluer vers la gauche que pas de curseur du tout.
D'une part, ceci rassemblera un grand nombre d'électeurs qui pourront se rassembler sur des idées générales communes.
Depuis quelques années, la base électorale du parti socialiste s'est considérablement rétrécie car le parti socialiste a été obsédé par la synthèse. A trop vouloir faire la synthèse, on coupe les idées un peu à gauche, on les coupe un peu à droite et la taille de l'arbre diminue. On perd les électeurs d'extrême gauche qui repartent vers les Besancenot et on perd les électeurs du centre car on n'ose pas dire que l'on partage certaines de leurs idées de centre en matière économique.
François Hollande est responsable de cet état de fait.
En ne se positionnant ni comme celui qui veut construire une société socialisté afranchie du libéralisme, ni comme un gestionnaire qui embrasse le capitalisme, il a laissé planer des idées molles, sans saveur forte qui finalement ne satisfont personne.
Il est possible de dire à la fois "l'argent corrompt" et "le capitalisme est aujourd'hui le seul moyen qui permette de satisfaire le plus grand nombre".
Instant et Universel
Un point qui me frappe : la gauche est dans l'universel et la droite est dans l'instant.
En effet, les valeurs de la gauche font qu'elle se positionne toujours par rapport à des valeurs universelles : égalité, fraternité, etc... ce qui exclut nécessairement certains qualités de gestionnaire. La gauche n'est pas gestionnaire, n'est pas dans la réalité immédiate. C'est partiellement pour cela qu'elle est souvent considérée comme moins apte à gérer un pays sur le plan économique.
La droite est gestionnaire, elle gère le présent, l'immédiat ou le moyen terme. Elle met donc toute son énergie à être crédible sur cette gestion et c'est souvent ce qui lui fait gagner les élections alors que la gauche est perçue comme utopiste et que ce qu'elle prône, même si partagé, n'est pas considéré comme faisable.
Si les actions de la droite améliorent le bien-être commun, c'est une conséquence heureuse mais ce n'est pas forcément le but premier.
On reproche donc souvent à la gauche d'avoir de "grandes idées" qui sont soit déconnectées de la réalité, soit à ses dirigeants de ne pas vivre ou se comporter en fonction de ces idées. Tel dirigeant peut être fortuné alors qu'il prône l'égalité (gauche caviar), tel dirigeant peut être moralisateur, alors qu'il manoeuvre pour obtenir ou garder le pouvoir. Dans la lutte de pouvoir, la gauche ne peut qu'être perdante car les qualités mêmes nécessaires pour atteindre le pouvoir sont des qualités qui sont intrinsèquement décriées par la gauche.
Comment concilier le tout ? Comment peut-on concilier universel et immédiateté ?
En assumant ses fonctions de gestionnaire, en se réconciliant avec l'économie et en en mesurant patiemment, systématiquement, méthodiquement les avancées obtenues pour les "redistribuer" dans le sens des valeurs de gauche.
C'est en affirmant aux électeurs que l'ordre des choses commence par une gestion efficace réconciliée avec l'entreprise et ses dirigeants puis une évaluation systématique, nationale et réelle des avancées que la gauche pourra gagner les élections.
En effet, on ne lui reprochera plus d'être dans l'angélisme des idées généreuses mais inapplicables et on ne lui reprochera pas non plus de générer des richesses et de les garder pour un petit nombre.
Quand la gauche a été gestionnaire mais n'a pas mis de système de surveillance des avancées, elle est devenue la gauche caviar et a perdu son identité et une partie de son électorat très à gauche (les déçus du socialisme).
En effet, les valeurs de la gauche font qu'elle se positionne toujours par rapport à des valeurs universelles : égalité, fraternité, etc... ce qui exclut nécessairement certains qualités de gestionnaire. La gauche n'est pas gestionnaire, n'est pas dans la réalité immédiate. C'est partiellement pour cela qu'elle est souvent considérée comme moins apte à gérer un pays sur le plan économique.
La droite est gestionnaire, elle gère le présent, l'immédiat ou le moyen terme. Elle met donc toute son énergie à être crédible sur cette gestion et c'est souvent ce qui lui fait gagner les élections alors que la gauche est perçue comme utopiste et que ce qu'elle prône, même si partagé, n'est pas considéré comme faisable.
Si les actions de la droite améliorent le bien-être commun, c'est une conséquence heureuse mais ce n'est pas forcément le but premier.
On reproche donc souvent à la gauche d'avoir de "grandes idées" qui sont soit déconnectées de la réalité, soit à ses dirigeants de ne pas vivre ou se comporter en fonction de ces idées. Tel dirigeant peut être fortuné alors qu'il prône l'égalité (gauche caviar), tel dirigeant peut être moralisateur, alors qu'il manoeuvre pour obtenir ou garder le pouvoir. Dans la lutte de pouvoir, la gauche ne peut qu'être perdante car les qualités mêmes nécessaires pour atteindre le pouvoir sont des qualités qui sont intrinsèquement décriées par la gauche.
Comment concilier le tout ? Comment peut-on concilier universel et immédiateté ?
En assumant ses fonctions de gestionnaire, en se réconciliant avec l'économie et en en mesurant patiemment, systématiquement, méthodiquement les avancées obtenues pour les "redistribuer" dans le sens des valeurs de gauche.
C'est en affirmant aux électeurs que l'ordre des choses commence par une gestion efficace réconciliée avec l'entreprise et ses dirigeants puis une évaluation systématique, nationale et réelle des avancées que la gauche pourra gagner les élections.
En effet, on ne lui reprochera plus d'être dans l'angélisme des idées généreuses mais inapplicables et on ne lui reprochera pas non plus de générer des richesses et de les garder pour un petit nombre.
Quand la gauche a été gestionnaire mais n'a pas mis de système de surveillance des avancées, elle est devenue la gauche caviar et a perdu son identité et une partie de son électorat très à gauche (les déçus du socialisme).
lundi 17 septembre 2007
Le discours de Francois Hollande
Je ne suis pas d'accord avec François Hollande quand il dit dans son discours de clôture de l'université d'été, que la gauche a depuis longtemps accepté l'idée de l'économie de marché.
Ce n'est pas vrai. Tout une partie de la gauche ne l'a pas accepté ; moi le premier. D'une part, parce que ceci ne se traduit absolument pas dans l'optique d'une réconciliation avec le monde de l'entreprise, d'autre part parce qu'affirmer ceci laisse la gauche de la gauche sans vision.
Il faut au contraire affirmer que la gauche veut construire une société où le capitalisme n'est pas roi, mais que l'on ne peut que procéder par étapes et en liaison avec les réalités du monde : pendant un certain temps, il est nécessaire d'accepter et accompagner le capitalisme, puis de mettre des structures en place pour surveiller les avancées sociales et s'en éloigner petit à petit. Il n'y a pas de raison pour ne pas se réconcilier avec le monde de l'entreprise qui n'est pas, ne doit pas être l'ennemi car seule l'entreprise est créatrice d'emplois. Constamment soupçonner les patrons, les entrepreneurs et les innovateurs est caricatural mais est malheureusement très et trop fréquent à gauche aujourd'hui.
C'est la raison pour laquelle la proposition d'ateliers du PS autour de la mondialisation est trop réductrice, c'est une réflexion autour de la gauche et de l'entreprise qu'il faut proposer, et non pas ni une réflexion autour du marché (vision déjà biaisée) encore moins autour de la seule mondialisation qui n'est que le reflet mondial d'un mouvement concret et général de l'ultra-libéralisation du monde économique. Mes fréquents voyages en Chine, à Singapour, aux Etats-Unis m'en ont fait prendre conscience : nos préoccupations sociales sont à des années lumière de celles de ces nouveaux pays ultra-capitalistes qui ne pensent qu'à prospérer économiquement. On ne peut se lancer seuls dans une économie sociale en étant confrontés à la concurrence de pays de ce type où seule la performance et la performance économique sont le critère de la réussite. On ne peut parler culture, équilibre vie privée-vie professionnelle dans des pays où même la démocratie est reléguée dans les esprits au second plan car considérée comme moins importante que la réussite professionnelle.
Il faudra du temps, beaucoup de temps pour expliquer, convaincre que le bonheur peut être ailleurs et c'est en France qu'il faudra commencer. Mais pour cela, il sera nécessaire de se rapprocher du monde économique et du monde de l'entreprise.
Ce n'est pas vrai. Tout une partie de la gauche ne l'a pas accepté ; moi le premier. D'une part, parce que ceci ne se traduit absolument pas dans l'optique d'une réconciliation avec le monde de l'entreprise, d'autre part parce qu'affirmer ceci laisse la gauche de la gauche sans vision.
Il faut au contraire affirmer que la gauche veut construire une société où le capitalisme n'est pas roi, mais que l'on ne peut que procéder par étapes et en liaison avec les réalités du monde : pendant un certain temps, il est nécessaire d'accepter et accompagner le capitalisme, puis de mettre des structures en place pour surveiller les avancées sociales et s'en éloigner petit à petit. Il n'y a pas de raison pour ne pas se réconcilier avec le monde de l'entreprise qui n'est pas, ne doit pas être l'ennemi car seule l'entreprise est créatrice d'emplois. Constamment soupçonner les patrons, les entrepreneurs et les innovateurs est caricatural mais est malheureusement très et trop fréquent à gauche aujourd'hui.
C'est la raison pour laquelle la proposition d'ateliers du PS autour de la mondialisation est trop réductrice, c'est une réflexion autour de la gauche et de l'entreprise qu'il faut proposer, et non pas ni une réflexion autour du marché (vision déjà biaisée) encore moins autour de la seule mondialisation qui n'est que le reflet mondial d'un mouvement concret et général de l'ultra-libéralisation du monde économique. Mes fréquents voyages en Chine, à Singapour, aux Etats-Unis m'en ont fait prendre conscience : nos préoccupations sociales sont à des années lumière de celles de ces nouveaux pays ultra-capitalistes qui ne pensent qu'à prospérer économiquement. On ne peut se lancer seuls dans une économie sociale en étant confrontés à la concurrence de pays de ce type où seule la performance et la performance économique sont le critère de la réussite. On ne peut parler culture, équilibre vie privée-vie professionnelle dans des pays où même la démocratie est reléguée dans les esprits au second plan car considérée comme moins importante que la réussite professionnelle.
Il faudra du temps, beaucoup de temps pour expliquer, convaincre que le bonheur peut être ailleurs et c'est en France qu'il faudra commencer. Mais pour cela, il sera nécessaire de se rapprocher du monde économique et du monde de l'entreprise.
jeudi 30 août 2007
Plaire et Démagogie
Comment plaire au peuple sans tomber dans la démagogie ?
Premièrement, avoir des idées, un chemin pour atteindre leur réalité, indépendamment des sondages et de l'opinion.
Deuxièmement, adapter le chemin pour atteindre ses idéaux sans quitter des yeux le but à atteindre et en se donnant des moyens de contrôle internes et externes de mesure des avancées.
Encore et toujours, il faut positionner son propre curseur, sans nécessairement être en phase directe avec l'opinion mais sans l'ignorer et en essayant de comprendre et saisir ce qui sépare nos idées de celles de l'opinion, puis progresser par étapes.
De manière plus importante, il est important d'une part de comprendre et de saisir que l'opinion publique n'est pas en phase avec nos propres idées, de ne pas en conclure qu'il faut nécessairement changer ses propres idées, mais surtout il faut essayer de comprendre pourquoi l'opinion publique pense différemment. C'est en comprenant et analysant le pourquoi que l'on peut lui tordre le cou, communiquer, expliquer, etc... Le processus, selon la taille du fossé peut être long et incertain. Dans tous les cas, il faut construire un morceau de pont, puis l'étayer solidement pour que la majorité qui se sente confortable avec le pont soit large, avant de finir le pont.
Si on veut proposer une société socialiste dans un monde ultra-libéral, il faut commencer par une société capitaliste et sociale, puis continuer avec une sociale-démocratie, etc... Le passage direct est incompatible avec la nature humaine, sauf dans certains cas où la souffrance de la majorité est trop insupportable, ce qui n'est pas le cas dans des pays comme la France.
Premièrement, avoir des idées, un chemin pour atteindre leur réalité, indépendamment des sondages et de l'opinion.
Deuxièmement, adapter le chemin pour atteindre ses idéaux sans quitter des yeux le but à atteindre et en se donnant des moyens de contrôle internes et externes de mesure des avancées.
Encore et toujours, il faut positionner son propre curseur, sans nécessairement être en phase directe avec l'opinion mais sans l'ignorer et en essayant de comprendre et saisir ce qui sépare nos idées de celles de l'opinion, puis progresser par étapes.
De manière plus importante, il est important d'une part de comprendre et de saisir que l'opinion publique n'est pas en phase avec nos propres idées, de ne pas en conclure qu'il faut nécessairement changer ses propres idées, mais surtout il faut essayer de comprendre pourquoi l'opinion publique pense différemment. C'est en comprenant et analysant le pourquoi que l'on peut lui tordre le cou, communiquer, expliquer, etc... Le processus, selon la taille du fossé peut être long et incertain. Dans tous les cas, il faut construire un morceau de pont, puis l'étayer solidement pour que la majorité qui se sente confortable avec le pont soit large, avant de finir le pont.
Si on veut proposer une société socialiste dans un monde ultra-libéral, il faut commencer par une société capitaliste et sociale, puis continuer avec une sociale-démocratie, etc... Le passage direct est incompatible avec la nature humaine, sauf dans certains cas où la souffrance de la majorité est trop insupportable, ce qui n'est pas le cas dans des pays comme la France.
jeudi 23 août 2007
Des positionnements toujours difficiles
De part la nature de ses engagements et de ses idées, la gauche a aujourd'hui beaucoup de mal a être entendue, beaucoup de mal à redonner de la profondeur à ses idées et à son discours, à se retrouver "en phase" avec la société.
D'une part, le travail de sape effecuté par les médias contrôlés par les grands groupes de presse ne font pas la part belle aux idées de gauche et aux idées progressistes. Le libéralisme, la pensée unique de l'accomplissement personnel via la performance individuelle est considéré comme le moyen principal pour atteindre le bonheur.
D'autre part, l'idée du rêve américain, qui fait injustement croire que, petit, à force de travail et de persévérance, on peut monter monter, fait incontestablement plus rêver qu'une proposition de société solidaire d'entraide et de vivre harmonieusement ensemble. Les phénomènes de starisation à outrance, d'ultra-médiatisation de certains pendant quelques semaines, d'audimat de la médiocrité, d'achat de temps libre de cerveau humain mênent inmanquablement les français à s'intéresser à des idées simples et immdiatement "bankables" qu'à des idées plus complexes avec des temps de réalisation plus longs.
Quelques exemples de positionnements difficiles:
- La laïcité. La laïcité a été attaquée par Nicolas Sarokozy qui a plus ou moins voulu intervenir dans les modes de fonctionnement des religions. Et cela a plu. Ceci est significatif de la perte de vitesse de la laïcité dans l'opinion publique. Pourquoi ? Tout d'abord parce que les premiers défenseurs de la laïcité en sont également les meilleurs ennemis. En effet, la laïcité prône la non-intervention de l'état dans les affaires religieuses et la séparation de l'Etat et de l'église. Dans les faits, ceci cache également le fait que la majorité des intellectuels de gauche ne sont pas religieux, ne croient pas et considèrent très souvent (à juste titre ou non) que la religion est l'opium du peuple. Comme ce positionnement n'est pas possible ouvertement, la laïcité est un positionnement intermédiaire, et donc difficile à défendre, la part de non croyants à gauche étant bien plus importante que la part des gens de droite, qui ont besoin d'avoir une autorité supérieure au dessus d'eux. Et pourtant, on assiste depuis quelques années à un retour en force de la religion. Difficultés économiques, manque de perspectives, rivalités entre religions, besoin d'être rassuré.
- Le sport. On est plus sportif à droite qu'à gauche. Le sport implique souvent la compétition, et l'effort prônés par la droite. La gauche a tendance à ne pas évoquer un vocabulaire pourtant populaire comme le dépassement de soi, la compétition extrême, la performance individuelle, la défaite de l'adversaire, toutes ces notions n'étant pas considérées comme noble. Ségolène Royal s'est d'ailleurs fait reprendre sur le sport pendant le débat présidentiel. Et pourtant, les français, aidés par les médias, sont de plus en plus friands de sport en particulier à la télévision. La gauche souvent veut exclure la compétition du sport, car la compétition, c'est le dopage et les jeux du cirque.. Encore un divorce avec la société.
D'une part, le travail de sape effecuté par les médias contrôlés par les grands groupes de presse ne font pas la part belle aux idées de gauche et aux idées progressistes. Le libéralisme, la pensée unique de l'accomplissement personnel via la performance individuelle est considéré comme le moyen principal pour atteindre le bonheur.
D'autre part, l'idée du rêve américain, qui fait injustement croire que, petit, à force de travail et de persévérance, on peut monter monter, fait incontestablement plus rêver qu'une proposition de société solidaire d'entraide et de vivre harmonieusement ensemble. Les phénomènes de starisation à outrance, d'ultra-médiatisation de certains pendant quelques semaines, d'audimat de la médiocrité, d'achat de temps libre de cerveau humain mênent inmanquablement les français à s'intéresser à des idées simples et immdiatement "bankables" qu'à des idées plus complexes avec des temps de réalisation plus longs.
Quelques exemples de positionnements difficiles:
- La laïcité. La laïcité a été attaquée par Nicolas Sarokozy qui a plus ou moins voulu intervenir dans les modes de fonctionnement des religions. Et cela a plu. Ceci est significatif de la perte de vitesse de la laïcité dans l'opinion publique. Pourquoi ? Tout d'abord parce que les premiers défenseurs de la laïcité en sont également les meilleurs ennemis. En effet, la laïcité prône la non-intervention de l'état dans les affaires religieuses et la séparation de l'Etat et de l'église. Dans les faits, ceci cache également le fait que la majorité des intellectuels de gauche ne sont pas religieux, ne croient pas et considèrent très souvent (à juste titre ou non) que la religion est l'opium du peuple. Comme ce positionnement n'est pas possible ouvertement, la laïcité est un positionnement intermédiaire, et donc difficile à défendre, la part de non croyants à gauche étant bien plus importante que la part des gens de droite, qui ont besoin d'avoir une autorité supérieure au dessus d'eux. Et pourtant, on assiste depuis quelques années à un retour en force de la religion. Difficultés économiques, manque de perspectives, rivalités entre religions, besoin d'être rassuré.
- Le sport. On est plus sportif à droite qu'à gauche. Le sport implique souvent la compétition, et l'effort prônés par la droite. La gauche a tendance à ne pas évoquer un vocabulaire pourtant populaire comme le dépassement de soi, la compétition extrême, la performance individuelle, la défaite de l'adversaire, toutes ces notions n'étant pas considérées comme noble. Ségolène Royal s'est d'ailleurs fait reprendre sur le sport pendant le débat présidentiel. Et pourtant, les français, aidés par les médias, sont de plus en plus friands de sport en particulier à la télévision. La gauche souvent veut exclure la compétition du sport, car la compétition, c'est le dopage et les jeux du cirque.. Encore un divorce avec la société.
mercredi 22 août 2007
Oui mais quoi donc...
Bon, dire qu'il faut un positionnement long-terme, qu'il faut le graduer et proposer des étapes pour y arriver, dire que parfois il faut momentanément s'éloigner du but pour mieux y revenir, que toutes les idées doivent s'exprimer pour alimenter l'opinion, que les actions proposées ne peuvent être trop éloignées de l'opinion générale, tout cela est très bien, mais ne répond pas à la question fondamentale : quel positionnement, quelles étapes, quelles actions.
Economiquement, la société utopique souhaitée par les gens de gauche est une société égalitaire, où la performance individuelle est au service du bien-être collectif, ou la solidarité est une des valeurs les plus importantes, où les petits ambitieux comprennent que le bonheur est ailleurs, où les compétences individuelles ne sont pas utilisées pour enfoncer l'autre, mais pour faire évoluer collectivement la société.
Cette société rêvée ne peut bien sûr pas être mise en place directement. L'homme est encore un loup pour l'homme. La droite lui affûte les dents et la gauche tente vainement de le rendre inoffensif. Si on positionne le curseur directement trop à gauche, les penchants naturels de l'homme dans le contexte historique l'emportent et ceci conduit inmanquablement à la catastrophe.
C'est bien sûr ce qui est arrivé à l'expérience communiste en Union-Soviétique. Les ambitions personnelles des uns et des autres, le besoin de pouvoir sur l'autre, l'animalité des hommes ont eu très rapidement raison des idéaux des fondateurs du pouvoir communiste qui s'est rapidement enfoncer dans la dictature la plus horrible (stalinisme). C'est encore une fois un problème de curseur beaucoup trop éloigné de l'opinion publique du moment. Dans mon exemple précédent, c'est un peu comme si on décrétait la mariage et l'adoption libres pour les homosexuels dans une société où on les brûle encore. Le décalage entre les consciences collectives du moment et les mesures proposées est beaucoup trop grand, pas assez graduel.
Et pourtant, l'homme n'est pas aussi animal qu'il y a quelques siècles, on a su ouvrir les yeux, la démocratie s'est répandue largement. Les consciences collectives évoluent tout de même petit à petit.
Aujourd'hui, c'est pour cela que les propositions très à gauche ne sont pas totalement écoutées et sont voués à l'échec (même s'ils arrivaient au pouvoir). On dit souvent : la gauche a cessé d'être à gauche, elle se renie, elle n'ose plus être à gauche. Certes, mais l'opinion publique n'est pas non plus prête à l'entendre car elle sait qu'une politique très à gauche dans le contexte libéral mondial actuel conduirant inmanquablement à la catastrophe, même s'il peut être totalement souhaitable intellectuellement.
Proposons donc une longue marche vers ce type de société plus égalitaire, en intégrant le fait que l'on n'y arrivera pas rapidement, que l'on devra manoeuvrer le bateau un peu à droite, un peu à gauche sans perdre le cap, en se fixant des objectifs, des étapes sur la longue route, en prenant le temps d'expliquer, de communiquer où on va, pourquoi on y va, comment on y va dans le monde entier.
- la société solidaire et fraternelle est le but ultime à atteindre et doit rester dans la tête de tous les décideurs.
- L'économie mondiale du monde réel impose de revenir vers le capitalisme pendant un certain temps, de l'accepter, de l'embrasser pour mieux le transcender. Ceci peut prendre du temps.
- Pour que la gauche renoue avec le capitalisme, il faut se réconcilier avec les entreprises qui ne sont pas l'ennemi
- Il faut se fixer des objectifs, les atteindre, puis donner, dès qu'une marge de manoeuvre est libérée, un petit coup de barre à gauche de redistribution des richesses pour une société plus solidaire.
- Parallèlement, il faut convaincre le monde qu'un autre modèle économique est possible, que le libéralisme n'est pas le moyen unique
- Il faut constamment puiser ses idées dans un vivier aussi large que possible (de la LCR au Modem) d'une part pour ne pas oublier le but ultime, mais également pour ne pas oublier ce que l'opinion publique est prête à accepter.
Tout ceci doit se faire dans un parti de gauche qui rassemble le plus de monde possible, de l'extrême gauche au centre.
Economiquement, la société utopique souhaitée par les gens de gauche est une société égalitaire, où la performance individuelle est au service du bien-être collectif, ou la solidarité est une des valeurs les plus importantes, où les petits ambitieux comprennent que le bonheur est ailleurs, où les compétences individuelles ne sont pas utilisées pour enfoncer l'autre, mais pour faire évoluer collectivement la société.
Cette société rêvée ne peut bien sûr pas être mise en place directement. L'homme est encore un loup pour l'homme. La droite lui affûte les dents et la gauche tente vainement de le rendre inoffensif. Si on positionne le curseur directement trop à gauche, les penchants naturels de l'homme dans le contexte historique l'emportent et ceci conduit inmanquablement à la catastrophe.
C'est bien sûr ce qui est arrivé à l'expérience communiste en Union-Soviétique. Les ambitions personnelles des uns et des autres, le besoin de pouvoir sur l'autre, l'animalité des hommes ont eu très rapidement raison des idéaux des fondateurs du pouvoir communiste qui s'est rapidement enfoncer dans la dictature la plus horrible (stalinisme). C'est encore une fois un problème de curseur beaucoup trop éloigné de l'opinion publique du moment. Dans mon exemple précédent, c'est un peu comme si on décrétait la mariage et l'adoption libres pour les homosexuels dans une société où on les brûle encore. Le décalage entre les consciences collectives du moment et les mesures proposées est beaucoup trop grand, pas assez graduel.
Et pourtant, l'homme n'est pas aussi animal qu'il y a quelques siècles, on a su ouvrir les yeux, la démocratie s'est répandue largement. Les consciences collectives évoluent tout de même petit à petit.
Aujourd'hui, c'est pour cela que les propositions très à gauche ne sont pas totalement écoutées et sont voués à l'échec (même s'ils arrivaient au pouvoir). On dit souvent : la gauche a cessé d'être à gauche, elle se renie, elle n'ose plus être à gauche. Certes, mais l'opinion publique n'est pas non plus prête à l'entendre car elle sait qu'une politique très à gauche dans le contexte libéral mondial actuel conduirant inmanquablement à la catastrophe, même s'il peut être totalement souhaitable intellectuellement.
Proposons donc une longue marche vers ce type de société plus égalitaire, en intégrant le fait que l'on n'y arrivera pas rapidement, que l'on devra manoeuvrer le bateau un peu à droite, un peu à gauche sans perdre le cap, en se fixant des objectifs, des étapes sur la longue route, en prenant le temps d'expliquer, de communiquer où on va, pourquoi on y va, comment on y va dans le monde entier.
- la société solidaire et fraternelle est le but ultime à atteindre et doit rester dans la tête de tous les décideurs.
- L'économie mondiale du monde réel impose de revenir vers le capitalisme pendant un certain temps, de l'accepter, de l'embrasser pour mieux le transcender. Ceci peut prendre du temps.
- Pour que la gauche renoue avec le capitalisme, il faut se réconcilier avec les entreprises qui ne sont pas l'ennemi
- Il faut se fixer des objectifs, les atteindre, puis donner, dès qu'une marge de manoeuvre est libérée, un petit coup de barre à gauche de redistribution des richesses pour une société plus solidaire.
- Parallèlement, il faut convaincre le monde qu'un autre modèle économique est possible, que le libéralisme n'est pas le moyen unique
- Il faut constamment puiser ses idées dans un vivier aussi large que possible (de la LCR au Modem) d'une part pour ne pas oublier le but ultime, mais également pour ne pas oublier ce que l'opinion publique est prête à accepter.
Tout ceci doit se faire dans un parti de gauche qui rassemble le plus de monde possible, de l'extrême gauche au centre.
Marre du pragmatisme
A force de demander du 'concret' aux politiques ('je veux que vous me disiez concrètement ce que vous allez faire pour m'aider'), on ne donne plus de perspectives, on réagit sur tel ou tel sujet mais on n'a plus de ligne directrice. Les médias en sont largement responsables. A force de simplifier les messages, de regarder les problèmes par le petit bout de la lorgnette, de faire interviewer les politiques par des 'vrais gens', de saucissonner les problèmes pour ne plus avoir à réfléchir, on en est arrivé là.
Il en résulte tout un nombre de mesures ou de propositions qui ne sont plus à lier avec une ligne claire, cohérente et explicable. Des mesures doivent découler d'une idéologie et ce n'est pas un ensemble de mesures qui crée l'idéologie.
Je pense qu'il faut rompre avec ce pragmatisme outrancier et renouer avec une ligne de parti clairement énoncée. Il faut donc créer le curseur et dire comment on le fera évoluer après avoir convaincu l'opinion publique (et ceci dans un contexte européen voire mondial).
Il en résulte tout un nombre de mesures ou de propositions qui ne sont plus à lier avec une ligne claire, cohérente et explicable. Des mesures doivent découler d'une idéologie et ce n'est pas un ensemble de mesures qui crée l'idéologie.
Je pense qu'il faut rompre avec ce pragmatisme outrancier et renouer avec une ligne de parti clairement énoncée. Il faut donc créer le curseur et dire comment on le fera évoluer après avoir convaincu l'opinion publique (et ceci dans un contexte européen voire mondial).
Pas de positionnement
Si le PS a perdu les présidentielles de 95, 2002 et 2007, c'est principalement pas manque de positionnement voire par manque d'idéologie.
En 81, il y avait bien sûr un positionnement idéologique clair, fondé sur un certain anti-capitalisme et sur des valeurs "humanistes" de progrès comme la peine de mort.
La France a donc pris à ce moment-là une voie très à gauche alors que le monde anglo-saxon prenait un virage très à droite. Thatcher, Reagan prônaient la "Révolution conservatrice", la disparition de l'Etat dans la vie économique tout au long des années 80.
On connaît la suite: le modèle français n'a pas fonctionné, Delors a repris les rênes de l'économie et a conduit une politique de rigueur, pendant que les Etat-Unis et l'Angleterre se sont engoufrés dans un libéralisme économique, qui s'il a mis beaucoup de monde sur le côté de la route, a montré son efficacité. (et je dis bien "montré" car le rôle du lobbying de la communication pour convaincre le monde du bien-fondé de cette politique a joué un rôle primordial).
Il s'en est donc suivi pendant des années (les premières années de la gauche caviar) une politique d'accompagnement du capitalisme. On a composé, on a corrigé mais on s'est toujours positionné en suiveur et non en leader sans dire clairement quel type d'économie on souhaitait.
Parallèlement, le monde s'est persuagé, ou on l'a habilement persuadé, que le libéralisme, voire l'ultra-libéralisme était la seule solution envisageable économiquement. On a même pensé, au début des années 90, que l'histoire touchait à sa fin, que le modèle américain allait triompher partout et dans tous les domaines.
En termes de curseur, la gauche a donc souffert à la fois d'une absence de curseur (pas de positionnement idéologique), d'un éloignement progressif de l'opinion politique (habilement ammenée à penser que point de salut sans capitalisme) et donc d'un éloignement entre l'opinion publique et ses propres idéaux. Ces deux points n'ont pu que faire perdre la gauche aux élections majeures, aux élections nationales, celles où les questions économiques sont essentielles.
Il faut donc redéfinir une idéologie de gauche et se positionner par rapport au capitalisme, se réconcilier avec l'économie et avec les entreprises et dire comment on veut la faire évoluer dans le bon sens.
En 81, il y avait bien sûr un positionnement idéologique clair, fondé sur un certain anti-capitalisme et sur des valeurs "humanistes" de progrès comme la peine de mort.
La France a donc pris à ce moment-là une voie très à gauche alors que le monde anglo-saxon prenait un virage très à droite. Thatcher, Reagan prônaient la "Révolution conservatrice", la disparition de l'Etat dans la vie économique tout au long des années 80.
On connaît la suite: le modèle français n'a pas fonctionné, Delors a repris les rênes de l'économie et a conduit une politique de rigueur, pendant que les Etat-Unis et l'Angleterre se sont engoufrés dans un libéralisme économique, qui s'il a mis beaucoup de monde sur le côté de la route, a montré son efficacité. (et je dis bien "montré" car le rôle du lobbying de la communication pour convaincre le monde du bien-fondé de cette politique a joué un rôle primordial).
Il s'en est donc suivi pendant des années (les premières années de la gauche caviar) une politique d'accompagnement du capitalisme. On a composé, on a corrigé mais on s'est toujours positionné en suiveur et non en leader sans dire clairement quel type d'économie on souhaitait.
Parallèlement, le monde s'est persuagé, ou on l'a habilement persuadé, que le libéralisme, voire l'ultra-libéralisme était la seule solution envisageable économiquement. On a même pensé, au début des années 90, que l'histoire touchait à sa fin, que le modèle américain allait triompher partout et dans tous les domaines.
En termes de curseur, la gauche a donc souffert à la fois d'une absence de curseur (pas de positionnement idéologique), d'un éloignement progressif de l'opinion politique (habilement ammenée à penser que point de salut sans capitalisme) et donc d'un éloignement entre l'opinion publique et ses propres idéaux. Ces deux points n'ont pu que faire perdre la gauche aux élections majeures, aux élections nationales, celles où les questions économiques sont essentielles.
Il faut donc redéfinir une idéologie de gauche et se positionner par rapport au capitalisme, se réconcilier avec l'économie et avec les entreprises et dire comment on veut la faire évoluer dans le bon sens.
Inscription à :
Articles (Atom)